Karine Saporta / Tam-taï / Au pays du soleil levant

 

tam-tai-site-ten-drum-art-percussion-group11.jpgtam-tai-site-ten-drum-art-percussion-group22.jpgKarine Saporta :

 

 

Photos Ten Drump Art Percussion Group 

 

 

 

 

Au pays du soleil levant

 

 C’est à un fabuleux voyage au pays du Soleil levant que nous convie Karine Saporta dans sa dernière création, Tam-taï, une œuvre créée pour l’ouverture de la 21ème édition de Suresnes cités danse, une œuvre où la plastique l’emporte cependant sur la danse. Ce sont en effet des images fabuleusement belles - qui sont d’ailleurs l’apanage de ses grandes créations, telles La Princesse de Milan ou Un bal dans un couloir de fer - que nous offre la chorégraphe et qui, finalement, touchent au surréalisme et à l’illusion, art dans lequel son maître Alvin Nikolais excellait et a fait référence. Sorte de touche-à-tout géniale, Karine Saporta, outre le fait de raconter des histoires oniriques, philosophiques ou tout simplement humaines, a l’art et la manière d’aborder un nouveau genre et un nouveau style à chacune de ses créations. Dans Tam-taï, elle mêle pour la première fois avec talent le hip-hop à la danse contemporaine et aux arts martiaux, tout en se rapprochant parfois de la danse baroque. Un genre cependant incomplètement maîtrisé, le hip-hop étant davantage utilisé ici pour sa beauté plastique et sa virtuosité que comme véritable langage, ce que l’on peut d’ailleurs reprocher à nombre de chorégraphes, même rompus à cette discipline. 

Le grand intérêt de cette œuvre réside toutefois dans le fait d’avoir fait appel au Ten Drum Art Percussion Group - un ensemble de percussionnistes taiwanais homologue des célèbres tambours Kodo japonais - comme base de la pièce, les gongs lui donnant une dimension, un rythme et une profondeur inégalables. Musique ponctuée de soli de flûte et de chants qui s’avèrent particulièrement bien seoir à la danse hip-hop, la conduisant parfois jusqu’à la transe.

Dans son œuvre, Karine Saporta évoque différents épisodes de la vie du peuple taiwanais et, plus particulièrement, de chacun des danseurs, pour la plupart d’origine asiatique, ainsi que les fêtes et parades traditionnelles basées sur des croyances ancestrales et légendes très anciennes, sur lesquelles elle a élaboré, avec le scénographe Jean Bauer, des images vidéo du plus bel effet. Et notamment celles d’immenses cascades rappelant celles du Zambèze ou du Niagara, dans les brumes desquelles s’estompent les six percussionnistes du groupe Ten Drum originaires de Tainan, ancienne capitale de l’île. La plastique des tableaux suivants ne laisse d’ailleurs rien à désirer au premier, tant dans leur recherche graphique typiquement asiatique que dans leurs couleurs, ayant la chaleur et l’éclat d’un rayon de soleil. Une œuvre aussi visuelle que musicale, qui est d’ailleurs clôturée par les musiciens, leur rendant ainsi un vibrant hommage.

J.M. Gourreau

 

Tam-taï / Karine Saporta et le groupe taiwanais Ten Drum, Suresnes cités danse, du 12 au 15 janvier 2013.

 

Karine Saporta / Tam-taï / Suresnes cités danse / Janvier 2013

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau