Katalin Patkaï / Jeudi / L'amour face à l'adversité

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Photos J.M. Gourreau

Katalin Patkaï :

L’amour face à l’adversité

 

C'est dans un bien étrange lieu que nous convie Katalin Patkaï, une zone où viendrait de se produire un cataclysme qui aurait tout détruit, à l'exception d'un portique de ferraille plus ou moins démantelé surgissant comme un fantôme des décombres. De la poussière enveloppant les ruines dans un nuage pesant émerge une forme indéfinissable qui évolue lentement dans le silence de la nuit, une sorte de mollusque tentaculaire qui roule sur lui-même tout en explorant consciencieusement le terrain. L'aube naissante laisse entrevoir, au sein de cette masse en mouvement, des membres entremêlés, bras et jambes, issus de deux corps nus étroitement imbriqués, presque indissociables. Deux survivantes d'un terrible tsunami qui s'étreignent pour acquérir la force nécessaire à leur survie. Deux femmes qui, peu à peu, se découvrent, s'étudient, apprennent à se comprendre et s’apprécier en même temps qu’elles colonisent leur nouvel univers. Frôlements, contacts, caresses et étreintes fébriles qui amènent à la connaissance de l'autre, à la connivence, au respect, au partage. Une certaine sérénité émane de leur gestuelle, lente, ondoyante, mesurée, empreinte de réflexion et de sagesse. La nudité des corps exacerbe le dénuement total dans lequel sont plongés ces deux êtres, accentuant leur détresse et leur fragilité.

Un univers presque animal d’une grande sensibilité, au sein duquel la lutte pour la vie ne semble finalement pas être le critère déterminant, laissant plutôt place à la découverte de l'autre, à l'apprentissage de la vie pour un couple homosexuel, après avoir totalement oublié qu'elle pût être une fin en soi. Un univers auréolé d’une fascinante quiétude qui amène à oublier les catastrophes et bouleversements de l’existence pour ne se pencher que sur les relations humaines qui naissent, se tissent imperceptiblement et finissent par étreindre totalement ces deux femmes malgré leurs différences d’âge, pour aboutir sinon à la naissance d’une véritable relation amoureuse, du moins à l’élaboration d’une réelle, franche et indéfectible amitié.

J.M. Gourreau

Jeudi / Katalin Patkaï, Micadanses, 9 octobre 2014.

Katalin Patkaï / Jeudi / Micadanses / Octobre 2014

Commentaires (1)

1. Patkai 05/02/2015

Comme c'est limpide
Je viens de découvrir cet article
Le 5 février 2015!

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