Kitt Johnson / Ranke fod / Aux racines de l'évolution

rankefold-02-ph-per-morten-abrahamsen.jpgjohnson-k-rankefod-06-vitry-la-briquetterie-27-03-2013.jpgrankefold-01-ph-per-morten-abrahamsen-1.jpgPhotos Per Morten Abrahansen                                                                                                                                                 Photo J.M. Gourreau

 

Kitt Johnson :

 

Aux racines de l’évolution

 

C’est dans l’univers étrange et mystérieux de Charles Darwin, père de l’évolutionnisme, que nous emmène la chorégraphe et danseuse danoise Kitt Johnson avec Rankefod, un solo minimaliste qu’elle interprète elle-même et qui nous permet de pénétrer, à l’image du célèbre film Microcosmos de Claude Nuridsany et Marie Perennou, dans le monde infiniment petit des insectes et des araignées ou, à l’instar d’un Cousteau, dans celui, ésotérique mais fascinant des crustacés et autres petites bestioles du fond des mers. Rankefod est d’ailleurs la traduction danoise du mot cirripède, crustacé marin ayant six paires de pattes recourbées en panache, comme les bernacles et les anatifes. Des images étonnantes empreintes d’un calme et d’une sérénité indicibles dans un espace infini qui les rend plus prégnantes encore; des images qui traduisent, dans un langage proche du butô, l’apparition de la vie et de la locomotion ; des images qui évoquent la lente mutation des espèces animales jusqu’à l’apparition de mouvements et attitudes simiesques. Ce, dans un univers d’abord minéral qui, peu à peu, semble évoluer en forêt primitive et profonde, grâce au décor mouvant de Charlotte Ostergaard et aux bruitages électroacoustiques issus de la nature de Sture Ericson. Au sein de ce monde, le corps aux mouvements tantôt lents, tantôt saccadés, caressé par les rayons dorés de la lumière, se métamorphose progressivement, passant de l’araignée perchée sur ses longues pattes à l’oiseau qui tente maladroitement de prendre son envol. Un spectacle hors du temps, qui subjugue et envoûte par sa force d’expression et par cette sensation de sagesse, de sérénité et de paix mais aussi d’inquiétude face à la démesure de l’infini.

J.M. Gourreau

 

Rankefod / Kitt Johnson, La Briqueterie, Vitry-sur-Seine, 27 mars 2013.

Kitt Johnson / Ranke fod / La Briqueterie Vitry / Mars 2013

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