La Bayadère / Ballet de Novossibirsk / Théâtre du Châtelet

 

La Bayadère par le Ballet de Novosibirsk :

  

Un enchantement

 

Photos Ballet de Novossibirsk

 

 

Disons le d’emblée : cette célèbre troupe russe n’a pas usurpé sa réputation. C’est en effet une compagnie qui peut sans conteste rivaliser avec les plus célèbres ballets classiques du monde, Bolchoï et Opéra de Paris compris. A l'affiche du 3ème et dernier programme de cette 6ème édition des étés de la danse ; La Bayadère. Cette œuvre du chorégraphe français Marius Petipa, créée en 1877 sur une musique de Ludwig Minkus au Grand Théâtre de Saint-Pétersbourg, resta plus d’un siècle inconnue des publics occidentaux : c’est seulement en 1961 que Noureev vint donner le 3ème et avant-dernier acte, Les ombres, à Paris, sur la scène du Palais Garnier. Ce fragment remporta d’ailleurs un succès considérable et contribua largement à la réputation du grand danseur de par le monde.

Le ballet emmène le spectateur dans une Inde fascinante, au sein d’une forêt mystérieuse abritant un temple sacré. L’une des gardiennes du temple, la bayadère Nikiya, va tomber amoureuse du noble Solor, venu chasser le tigre. Malheureusement pour elle, elle est convoitée par le grand Brahmane. Solor quant à lui est promis en mariage à la fille du Rajah, Gamzatti. Une intrigue qui trouvera son dénouement dans la mort de Nikiya, tuée par sa rivale, et la descente infernale de Solor dans les abîmes de l’opium.

Au fil du temps, l’œuvre connut de nombreux remaniements et ajouts, voire même suppressions, notamment le 4ème acte qui s’achève sur la destruction du temple et de ses monumentaux bouddhas. La dernière production, celle qui vient de nous être présentée, date seulement de décembre 2007. Un spectacle réellement fabuleux au vrai sens du terme qui surprend dès le lever du rideau par son réalisme saisissant, le faste et l’harmonie de la scénographie et des costumes, chamarrés de pourpre, d’or et d’argent. Un vrai régal pour les yeux. Mais ce qui étonne également d’entrée, c’est la prodigieuse perfection du corps de ballet : des ensembles d’une précision et d’une rigueur remarquables. Pas une jambe plus haute que l’autre, pas une figure décalée, un véritable mouvement d’horlogerie, notamment dans la variation des 32 bayadères au royaume des ombres. Le summum est atteint par la prestation de Leonid Sarafanov, un Solor d’une aisance et d’une noblesse stupéfiantes que l’on avait déjà pu admirer au Théâtre des Champs-Elysées lors d’un des derniers Concours International de danse de Paris. Remarquables également l’abattage d’Anna Odinstova en Gamzatti mais également la légèreté et l’évanescence d’Anna Zharova en Nikiya et, surtout, le réalisme saisissant de son agonie, piquée par un serpent caché dans la corbeille de fleurs que lui présenta la servante de Gamzatti. Une production grandiose à laquelle on peut cependant regretter la suppression en dernière minute de l’épilogue - jamais donné en France -  au cours duquel Solor voit l’ombre de Nikiya lui échapper à jamais.

 

J.M. Gourreau

 

 

La Bayadère / M. Petipa - V. Tchaboukiani - V. Ponomarev, Ballet de Novossibirsk, Théâtre du Châtelet, Juillet 2010, dans le cadre des Etés de la danse.

Commentaires (1)

1. mimylasouris (site web) 21/08/2010

Voilà qui me ferait regretter d'être partie en vacances juste après le gala d'ouverture... Une Bayadère avec les bustes déliés et les cambrés ployant des Russes, cela devait être quelque chose.

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