Le Cannes Jeune Ballet / La grande classe / Conservatoire National de Danse de Paris

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opus-40-nathalie-sternalski.jpg  Petite Symphonie                                                                               Opus 40                                                                                         Beatwin

Photos N. Sternalski

Le Cannes Jeune Ballet :

 

La grande classe

 

 

L’Ecole Supérieure de Danse de Cannes Rosella Hightower n’a pas usurpé sa réputation : elle vient à nouveau de prouver qu’elle se compte parmi les plus grandes écoles de danse de France sinon du monde, pouvant sans difficulté rivaliser tant avec celle de l’Opéra de Paris qu’avec le Conservatoire National supérieur de musique et de danse de cette notre capitale. Le Cannes Jeune Ballet qui en est l’émanation, regroupant les meilleurs étudiants de 3ème (et dernière) année de formation du cycle supérieur pré-professionnel, propose chaque nouvelle saison, à l’initiative de Paola Cantalupo, la directrice artistique et pédagogique de l’école, un spectacle composé de pièces chorégraphiques tant classiques que contemporaines, représentatives de l’art auquel ces 17 jeunes vont être ultérieurement confrontés. Et là, Paola Cantalupo n’a pas fait dans la dentelle, leur confiant quatre pièces d’une extrême difficulté, chacune dans son domaine. Le spectacle débute par une œuvre classique de Davide Bombana, un danseur de la Scala qui, après une carrière d’interprète chez Béjart, Tetley, Balanchine et Falco entre autres, entame une carrière de chorégraphe indépendant pour diverses compagnies comme le Ballet du Rhin, Le Grand Ballet de Genève, Le Ballet d’Essen, celui de Karlsruhe, le New York City Ballet, le Ballet de Toulouse, le Ballet du Bolchoï, le Ballet de l’Opéra de Paris ( La settima luna) et, même, le Conservatoire National de Paris où il donna il y a quelque temps Petite Suite en noir. La Petite symphonie sur une partition de Frank Martin créée pour le Cannes Jeune ballet l’année dernière est une pièce très classique, d’une architecture rigoureuse et d’une musicalité extrême, qui ne souffre pas la médiocrité. Or les danseurs de ce ballet junior y font preuve d’une remarquable discipline, notamment dans les figures et les sauts : des ensembles quasi-parfaits malgré les difficultés techniques dont l’œuvre est truffée.

D’une toute autre facture, Foudre de Claude Brumachon et Benjamin Lamarche, un poème chorégraphique ayant pour thème l’orage, créé au Palais des festivals de Cannes pour le Gala du Cinquantenaire, le 25 avril 2011.  Une ébauche de l’œuvre avait été réglée pour le Cannes Jeune Ballet cinq mois plus tôt, version qui nous est présentée ici. Comme la plupart des œuvres de ces deux chorégraphes, il s’agit d’une pièce violente, soutenue par une chorégraphie géométrique et heurtée, libérant des salves d’énergie, exigeant donc des danseurs un état de concentration très intense. Ce dont ils font preuve.

Beatwin de Julien Ficely est également un ballet créé à Cannes dans le cadre du Festival de danse au Théâtre Croisette le 27 novembre 2011. Là encore, une pièce très enlevée et d’une grande difficulté technique, sur une partition d’Anthony Rouchier librement inspirée de la 7ème Symphonie de Beethoven. Cinq couples de danseurs mus par les pulsions volontairement répétitives de la musique vont se partager, dans leur course, l’espace scénique découpé par cinq faisceaux lumineux issus des cintres et qui les isolent, chacun dans leur espace vital. Une œuvre fascinante de par son atmosphère quasi-magique. Un mot encore de la dernière pièce du programme, Opus 40 de Jean-Christophe Maillot, dont l’extrait présenté – un pas de quatre primesautier et plein de poésie évoquant avec humour les aventures amoureuses d’une jeune fille très entreprenante – révèle la grande sensibilité, la fraîcheur et l’enthousiasme communicatif de ses interprètes. Au final, des jeunes bourrés de talent et pleins d’avenir, réellement capables de faire pâlir de jalousie leurs pairs dans la capitale.

J.M. Gourreau

Petite Symphonie / Davide Bombana, Foudre / Claude Brumachon et Benjamin Lamarche, Opus 40 / Jean-Christophe Maillot et Beatwin Julien Ficely, Cannes Jeune Ballet, Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, 10 et 11 mai 2012, dans le cadre de Danse de mai.

 

Le Cannes Jeune Ballet / Conservatoire National de Danse de Paris / Mai 2012

Commentaires (2)

1. Jacques Arthur 04/07/2012

Formidable critique! Si on peut appeler ça comme ça... On vous a payé? Pour être crédible il aurait fallu y mettre un petite fausse note...au moins un bémol!! Car sinon, pour un jeune ballet, on va pas vous croire. :-) Mais bon...c'est vrai qu'ils sont bien ces petits jeunes. Les chorégraphes aussi? Vous êtes sûr à 100%? Ça fait beaucoup quand même! C'est pas une critique c'est un éloge panégyrique!!!!!

2. james urbain 17/07/2012

en répondant à la critique de la critique du monsieur du dessus :
Il faut vivre l'instant présent mon vieux ! autant de suspicion et de pessimisme font mal à lire .
allez ...courage ....vivez !!

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