Loïc Touzé et Yasmin Rahmani / Gomme / Un pitre bien sympathique

 

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 Photos J.M. Gourreau

 

 

Loïc Touzé et Yasmin Rahmani :

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Autrefois, je dansais pour oublier d’où je venais,

Aujourd’hui, je danse pour dire d’où je viens…

                                                 Yasmin Rahmani

 

Un pitre bien sympathique

 

 

C’est la seconde fois que Loïc Touzé investit la grande nef du collège des Bernardins mais, pour l’occasion, il ne s’y produit pas seul : il y a en effet convié son ami Yasmin Rahmani, l’un des précurseurs du hip-hop en France. Les fans de ce style de danse le connaissent bien car, après s’être usé les fonds de pantalon sur le parvis du Trocadéro de 1984 à 1987, il part aux Etats-Unis où il rencontre le fameux groupe Rock Steady Crew. De retour en France en 1991, il fonde la compagnie HB2. Quatre ans plus tard, il remporte le titre de « Champion d’Europe de Break Dance » à Hanovre.

On pourrait se demander ce que peut bien venir faire, dans ce chef d’œuvre de l’art gothique, un tel artiste avec Loïc Touzé, danseur - chorégraphe issu de l’Opéra de Paris et converti à la danse contemporaine ? C’est tout simplement, une question d’atomes crochus ! Un jour de 2010, nos deux compères se rencontrent au Théâtre universitaire de Nantes, et Yasmin raconte son histoire à Loïc, lui parle de « sa » danse, lui fait découvrir « son » monde : bien qu’évoluant dans des univers très éloignés, ils s’aperçoivent alors qu’ils ont de nombreux points en commun, et Loïc lui propose de retracer ce dialogue par la danse, en y insufflant ce en quoi elle le concernait.

En réalité, la personnalité de Yasmin, son charisme, sa générosité, son humanité, ont vite convaincu Loïc de lui laisser en grande partie le geste et la parole. Et en fait, plus à un portrait de Yasmin, c’est à un raccourci de toute l’histoire du hip-hop avec tout ce qu’elle peut avoir de noble et d’émouvant qu’il nous est donné d’assister. Avec une grande pertinence, beaucoup d’humour et, surtout, une étonnante spontanéité. Pourtant, tout est réglé jusque dans les moindres détails. Et l’on a pu découvrir, outre le fabuleux danseur qu’il est resté et la beauté de son langage, un conteur sans égal. Il est vrai que ce sont ses propres souvenirs qu’il nous narre par la danse et le verbe, tant sur du Maurice Jarre que sur du Bach, avec un enthousiasme réellement communicatif. Mais, comme il le dit lui-même entre deux variations, « il faut qu’il y ait de  l’émotion pour passer la rampe ». Or son émotion est au moins aussi grande que son énergie ! Et c’est cela qui fait de cette évocation un spectacle passionnant. D’un coup de baguette magique, ce « bon petit diable » transporte le spectateur dans son univers qui est aussi celui de Fred Astaire, de Gene Kelly, de John Travolta ou de Steve Paxton, tout en laissant bien sûr une grande place à l’imaginaire. Et le public se réveille en ayant l’impression d’avoir partagé un extraordinaire voyage dans l’univers du hip-hop. Merveilleux, non ?

J.M. Gourreau

 

Gomme / Yasmin Rahmani et Loïc Touzé, Collège des Bernardins, Paris, 15 et 16 juin 2012, dans le cadre de « Questions d’artistes ».

Loïc Touzé et Yasmin Rahmani / Gomme / Collège des Bernardins Paris / Juin 2012

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