Loïc Touzé / Fou / Un saut désordonné... / Désabusé

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                                Fou                                                                       Fou                                                      Un saut désordonné                            

                                                                                                Photos J.M. Gourreau

 

Loïc Touzé :

 

Désabusé

 

Un dandy désabusé, tiré à quatre épingles, costume gris chamoisé, chemise jaune canari, mocassins blancs, lunettes noires… Tiens, que fais-je donc là ? Et qui sont ces gens dans les gradins ? Et ce batteur ? Sa musique semble bien sympa. Au fond, si j’en profitais pour faire quelques entrechats, se dit Julien Gallée Ferré... Et le voilà entamant une danse singulière, l’air rêveur, opinant du chef tout en faisant un tour de piste, souvent en déséquilibre… Son attitude primesautière, son allure insouciante et dégingandée, sa gestuelle large et décontractée le rendent d’entrée de jeu avenant. Rien, semble t’il, ne pourrait altérer sa bonne humeur. S’il parait perdu dans ses pensées, il entend tout de même d’une oreille distraite la musique, et son rythme, par instants, l’interpelle. Son écoute se faisant alors plus attentive, il se laisse embarquer par elle. Et le voilà reparti, d’un pas léger, aérien, comme s’il était tout seul dans l’univers. Sa danse est celle d’un petit oiseau heureux de vivre. Aucune ombre ne vient ternir ce tableau. Tout pour lui semble aller comme dans le meilleur des mondes, et cela nous ravit. Sa joie et son insouciance sont communicatives. Le musicien, Cookie Lesguillier, et le public sont bien là, mais il ne s’en soucie guère, ils font partie de son univers. Sa quête du néant, son errance l’amènent près d’un micro négligemment posé près du batteur. Il s’en empare. Curieux objet, que peut-on bien faire avec, se dit-il ? Tiens, cela amplifie les bruits ? Il émet alors un son grave et profond, mi-grognement, mi- rugissement, qu’il répète plusieurs fois, amusé puis repose le micro. Que pourrait-il alors bien faire d’autre ? Sa veste le gêne, il l’enlève, rentre sa chemise dans son pantalon, s’avance vers le public, joue avec ses doigts… Et tout à l’avenant. Sa danse, instinctive, vive et spontanée, un peu puérile, est toujours musicale, pleine de vie et d’allant. Il ne se passera rien mais sa « folie » nous aura procuré un véritable instant de bonheur.

En parallèle à Fou et sur le même principe, Un saut désordonné avec les épaules à la même hauteur que les hanches est également un solo avec batterie mais, malheureusement, pas de la même veine. Une danseuse, cette fois, se présente au public : « Je suis un élan… Je suis un animal indéfini… Je suis une relation étrange… Je suis une fin spectaculaire… Je suis une époque… Je suis le souffle… Je suis l’effort… Je suis la peur… Je suis toxique… » Et d’entamer quelque pas de danse sur la musique. Mais rien de tangible ne traduit ses paroles ; rien dans ses attitudes et dans son allure, pourtant du même style que l’œuvre précédente, n’évoque ce qu’elle vient d’affirmer. Un manque de présence et de fluidité en sont peut-être la cause. Quoi qu’il en soit, elle ne distille que de l’ennui. Comme quoi une atmosphère ne tient parfois réellement qu’à un fil… 

J.M. Gourreau

 

Fou et Un saut désordonné avec les épaules à la même hauteur que les hanches / Loïc Touzé, Théâtre de la Cité Internationale, Paris, Dans le cadre des Rendez-vous de danse d’Arcadi, 21 Février 2012.

Loïc Touzé / Fou / Un saut désordonné... / Théâtre de la Cité Internationale / Février 2012

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