Loïc Touzé / Le Faune & Fanfares / L'âme de Nijinski au Musée Picasso

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Photos J.M. Gourreau

Loïc Touzé :

L’âme de Nijinski au musée Picasso

 

C’est dans le cadre de la 11è édition de la Nuit Européenne des Musées que Loïc Touzé et Anne Collod ont investi le Musée national Picasso-Paris, fraichement rénové, pour une présentation du Faune de Nijinski, sur les escaliers de l’Hôtel de Sallé, devant les jardins du musée. Une œuvre qui prenait ici une dimension grandiose interprétée par Anne Collod dans le rôle de la Grande Nymphe) et lui-même, dans sa chorégraphie originale de 1912 transmise aux interprètes par Dominique Brun et les membres du Quatuor Albrecht Knust. Pourquoi le faune ? Sans doute parce que Picasso a toujours été fasciné par cet être fantasmagorique et qu'il en a dessiné, peint ou sculpté de nombreux bustes. Au mois d’août 1946, Picasso réside à Golfe-Juan avec sa jeune compagne Françoise Gilot, et dessine des scènes mythologiques, faunes, centaures et nymphes. L’Antiquité grecque est alors profondément inscrite dans la culture méditerranéenne de l'artiste qui déclarait : "Chaque fois que j’arrive à Antibes ça me prend et me reprend, comme on attrape des poux !"… Les faunes qu'il peint alors sont tendres, facétieux, enfantins, souvent amoureux. Amoureux d’une nymphe, dont il accompagne parfois la danse en musique comme dans La Joie de vivre. En effet, c’est la plupart du temps un faune jouant de la diaule, une double flûte de la Grèce antique dont Picasso a pu observer la représentation entre autres sur la musicienne du triptyque Ludovisi, (vers 460 av. J.-C. conservé au Museo nationale romano à Rome), dont la position l’a peut-être également inspiré, ou le bas relief d’Herculanum Dionysos, Pan et Bacchante (datant du 1er siècle après J.-C., conservé au Musée Archéologique de Naples).

Par ailleurs, le public a été invité à déambuler dans les salles du musée tout en se laissant surprendre à certains endroits par des danseurs de la compagnie Oro de Loïc Touzé, interprétant des extraits de Fanfares*, la dernière création de Touzé, au sein des œuvres de Picasso. Et le chorégraphe de s'en expliquer: "Faire une danse à côté de la couleur qui elle, fait un guerrier, un taureau, une femme. Être réel, réel comme une toile peinte par des gestes. Faire des gestes épais et simples, voir une danse qui ne se montre pas".

J.M. Gourreau

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Le Faune
& Fanfares (extraits) / Loïc Touzé, Musée Picasso, Paris, 16 mai 2015.

Loïc Touzé / Le Faune & Fanfares / Musée Picasso / Mai 2015

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