Maguy Marin / BiT / Roman noir

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Ph. Grappe

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Maguymarin bit crea toulouse20140915 phgrappe 9185Maguy Marin :

Roman noir

 

Sous des images légères et guillerettes de farandole, c'est un nouveau pan de la saga humaine que Maguy Marin soulève pour nous en faire mesurer toute l'horreur. Tout commence pourtant sur un ton léger et badin, six danseurs pénétrant sur scène dans la pénombre, avec insouciance et joie en se tenant la main, virevoltant entre six panneaux de bois disposés en un large arc de cercle qui converge vers le centre du plateau. Très vite cependant, la musique devient agressive et saccadée puis, carrément, assourdissante et obsédante, communiquant son rythme aux danseurs dont les harmonieuses figures - on pense au tableau La danse de Matisse - se délitent peu à peu, laissant place à une gestuelle nerveuse et saccadée. Les plans inclinés deviennent des aires de jeu, conquis comme par des alpinistes sur les flancs escarpés de leur montagne. Alors que rien ne le laissait prévoir, les choses se gâtent, un vent de folie gagnant les hommes. Les rythmes binaires qui règlent leur vie (d'où le titre de la pièce) s'accélèrent, les jeux deviennent de moins en moins innocents pour virer carrément au cauchemar : quête du pouvoir et de la richesse, luttes de domination empreintes de sadisme qui vont jusqu'à la fornication et au viol collectif, enchevêtrement de corps à demi-nus déboulant d'un talus pour atterrir au fond d'un charnier baigné de sang... Allusion aux récents génocides perpétrés encore actuellement en Afrique ou en Amérique ? Toujours est-il que l'histoire se terminera de façon macabre par le suicide de tous les protagonistes, les quels se jetteront à la queue-leu-leu dans le vide, à la recherche d'un monde meilleur... 

"La vie humaine peut être envisagée comme une suite d'instants qui sont comme les pulsations d'un rythme plus vaste, à l'échelle d'une vie", nous dit Maguy Marin. Ce sont effectivement les rythmes et les pulsations dont les danseurs sont animés qui mènent la danse. Or, il faut admirer ici l'étonnant travail du musicien toulousain Charlie Aubry qui a su si parfaitement adapter à postériori ses cadences aux rythmes imposés par la chorégraphe, au point que l'on aurait pu croire que ce fut le contraire qui avait eu lieu. Etonnant !

J.M. Gourreau

BiT / Maguy Marin, Théâtre des Abbesses, du 30 octobre au 15 novembre 

Maguy Marin / BiT / Théâtre des abbesses / Novembre 2014

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