Marcia Barcellos / Renée en botaniste dans les plans hyperboles / Un univers fantasmagorique

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 Photos K. Biscuit

Marcia Barcellos :

 

Un univers fantasmagorique

 

Elle fait toujours preuve d’une imagination débridée et c’est d’ailleurs cela qui fait son charme. Cette fois, avec Renée en botaniste dans les plans hyperboles, c’est la mémoire que Marcia Barcellos interroge. Ou, plutôt, son fonctionnement, ses failles. Une œuvre onirique aux confins entre rêve et réalité, peuplée de créatures fantastiques dans un univers géométrique futuriste qui, curieusement, lui va comme un gant. Des souvenirs qui lui reviennent par bribes et la hantent comme des cauchemars qui, cependant, ne s’effaceront de sa mémoire qu’avec la mort.

Au début de la pièce, cette digne émule de Nikolaïs et son complice de toujours, le musicien et vidéaste Karl Biscuit plongent le spectateur dans l’univers angoissant d’une femme, Renée, qui, aux derniers instants de sa vie, a perdu la mémoire. On est dans l’antichambre d’un asile. Des démons, sous la forme de deux sbires inquiétants, entièrement vêtus de noir, la hantent. Peu à peu surgissent tour à tour des êtres fantastiques, varan de Komodo, robots-araignée, femme-fleur, gnome aux oreilles décollées, notable du Ku Klux Klan, gorgones à chevelure flamboyante… évoluant dans de fort beaux décors géométriques mouvants auréolés d’étonnants effets vidéo, donnant l’impression d’être en 3 D. On en perd la notion de l’espace et du temps. L’harmonie des formes et des couleurs est, comme à l’habitude chez Castafiore, particulièrement soignée. Un monde onirique, un tantinet surréaliste, au sein de l’univers sonore délirant de Karl Biscuit dans lequel on retrouve des bribes de chansons d’Aznavour, d’Alamo et de comptines de notre enfance (Meunier, tu dors) volontairement hachées et déformées par ordinateur. La danse est à la mesure du spectacle, tantôt fluide, moelleuse, coulée, tantôt géométrique et heurtée, toujours expressive, servant magnifiquement chaque phrase du propos dans la mouvance du décor. Un étonnant spectacle dans lequel apparaîtra sur un écran Oppenheimer, le père de la bombe atomique, comme s’il avait pour charge, à l’instar de Satan, de veiller au destin de l’héroïne qui, bien évidemment, finira ses jours dans les flammes de l’enfer... 

J.M. Gourreau

 

Renée en botaniste dans les plans hyperboles / Marcia Barcellos et Karl Biscuit, Système Castafiore, Théâtre National de Chaillot, du 11 au 13 avril 2013.

Prochaine représentation : Théâtre d'Enghien, 19 avril 2013.

 

Marcia Barcellos / Renée en botaniste dans les plans hyperboles / Théâtre de Chaillot / Avril 2013

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