Marie Chouinard / Le nombre d'or (live) / Egale à elle-même

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Lucie Mongrain et Carol Prieur

Photos Sylvie Ann-Paré

 

 

Marie Chouinard :

 

Egale à elle-même

 

Enigmatique et déconcertant : ne cherchez pas d’argument, il n’y en a pas. Tout au plus un fil conducteur qui pourrait-être le fil de la vie, son évolution depuis la naissance jusqu’à la vieillesse et la re-naissance. Ne cherchez pas non plus une quelconque explication dans le titre de l’œuvre, pourtant ô combien poétique, Le nombre d’or (live). Il a été établi par la chorégraphe une fois l’œuvre achevée. Il s’aligne cependant sur ce que l'on appelle le nombre d’or, ce nombre magique qui indique les proportions idéales sur le plan de l’esthétique, et sur lequel se base son complice de toujours, le compositeur Louis Dufort, pour toutes ses créations musicales, celle-ci ne faillant bien évidement pas à la règle. Le terme de live en revanche pourrait s’expliciter par le fait que les divers sons produits par les danseurs et incorporés dans le spectacle - ces cris et feulements évoquant la naissance, le plaisir, la jouissance, le chagrin, la douleur - sont issus de leurs chairs, de leurs entrailles...

Vous vous douterez bien en effet que cette œuvre, d’une très grande beauté esthétique de par son atmosphère édénique et les costumes de ses danseurs, dorés à franges blondes comme les blés, ne puisse pas porter un quelconque message. Son point de départ fut en fait un solo, Gloire du matin, que Marie Chouinard créa pour elle-même sur la « manifestation de la pensée dans l’espace ». On est peut-être loin de ce thème aujourd’hui, encore que, dans le programme, la chorégraphe nous indique que les danseurs « nous offrent une écoute des sens sereine et réinventée ». Quoiqu’il en soit, Le nombre d’or est une œuvre qui étonne et captive, par son élégance intrinsèque et son atmosphère chaleureuse d’abord ; puis par ce fabuleux solo que la chorégraphe confia à l’un des piliers de sa compagnie, Carol Prieur, époustouflant moment de danse pure d’une dizaine de minutes d’une puissance et d’une beauté sauvage étonnantes, merveilleux cadeau et juste récompense de la chorégraphe à l’une de ses plus brillantes interprètes ; par ses trouvailles scénographiques toujours surprenantes enfin, en l’occurrence le prolongement de la scène par un praticable remontant au sein de la salle sur une douzaine de mètres et sur lequel pouvaient évoluer les 14 danseurs. Trouvaille intéressante qui avait l’intérêt de plonger une partie du public au sein de l’action. Mais c’est aussi une œuvre déroutante, ne serait-ce que par ces masques dont sont affublés à certains moments les danseurs, entre autres celui de notre chef d’état, qui, pour la chorégraphe, « devient l’emblème de toutes les organisations politiques et sociales dans lesquelles, nous, humains, ne saurions survivre ». Cette connotation politique était-elle réellement nécessaire ?

J.M. Gourreau

Le nombre d’or (live) / Marie Chouinard / Théâtre de la Ville, Janvier 2012.

Marie Chouinard / Le nombre d'or (live) / Théâtre de la Ville / Janvier 2012

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