Marie-Claude Pietragalla / La tentation d'Eve / Portraits de femmes

 

 

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Photos J.M. Gourreau

 

 

 

 

 

Marie-Claude Pietragalla :

 

Galerie de portraits féminins

 

 

Ce n’est pas la willi éthérée des grands ballets romantiques qui nous est donné d’admirer au travers de cette création, Marie-Claude Pietragalla ayant à nouveau troqué son tutu de ballerine contre les costumes d’une femme voyageant à travers les âges et les siècles depuis les origines du monde. Au travers de différents portraits hauts en couleurs, elle brosse, seule sur scène, différentes facettes de l’éternel féminin, de la genèse à nos jours. C’est bien sûr par l’évocation d’une Eve irrésistiblement attirée par le fruit défendu et bravant l’interdit que débute et se termine l’œuvre, la vie n’étant qu’un éternel recommencement. Passant du tragique au comique durant une heure trente, c’est un véritable one-woman show qu’elle nous offre, utilisant tous les artifices du spectacle, de la danse au théâtre en passant par le music hall, le cirque et la fantasmagorie, dévoilant à nouveau quelques facettes que l’on ne lui connaissait pas jusqu’alors. Il est vrai que la danse n’occupe qu’une place relativement faible dans le spectacle mais un tel sujet, pour pouvoir être perçu et adopté par le plus grand nombre, ne pouvait être traité que par l’outrance, ce qui n’est pas, on s’en doute, l’apanage du classicisme !

Une douzaine de saynètes donc, au travers desquelles s’expriment sa forte personnalité, ses convictions et sa féminité, portraits qui ne sont dénués ni d’humour, ni de venin, et qui touchent d’autant plus qu’ils sont livrés au public sans artifices ni décors. S’ils évoquent de façon souvent assez crue l’émancipation de la femme, sa révolte et son ivresse de liberté, ils montrent aussi sa fragilité au travers de sa solitude, de ses peurs et de ses angoisses. Certaines séquences sont particulièrement touchantes, notamment celles ayant trait à l’amour sur la célèbre chanson de Barbara, Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous, à la mort par l’évocation de la Mort du cygne mais, surtout, à la vie et à l’enfance par l’image de cette marionnette de chiffon à laquelle elle a donné naissance et qu’elle va chérir mais aussi haïr lorsqu’elle deviendra trop encombrante ou capricieuse. D’autres séquences seront plus drôles, voire carrément burlesques, parfois même volontairement décalées, se voulant une satire de la société d’aujourd’hui. Et dans lesquelles elle n’hésitera pas à crier, vociférer, exprimer sa révolte et son mépris, allant même jusqu’à utiliser des textes d’Andrée Chédid sur les faiblesses de la femme ou des passages de l’Ecole des femmes de Molière pour mieux se faire entendre. Une féministe convaincue, tour à tour nymphe, guerrière, prêtresse, mère, secrétaire hystérique ou ménagère, qui n’a pas peur de dire ce qu’elle a à dire, avec autant de présence que de sensualité.

J.M. Gourreau

 

La tentation d’Eve / Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault, Théâtre de Saint-Maur des fossés, 8 décembre 2011.

Marie-Claude Pietragalla / La tentation d'Eve / St Maur des fossés

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