Marion Muzac / Le Sucre du printemps / Une bien belle aventure

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Marion Muzac :

 

Une bien belle aventure

 

 

Voilà une bien belle histoire qui  pourrait évoquer celle de la naissance du hip-hop en France. Marion Muzac, professeur de danse contemporaine au Conservatoire de Toulouse, eut, un jour de 2009, l’idée de réunir les meilleurs éléments des différentes écoles et institutions chorégraphiques de la région toulousaine pour remonter une pièce symbole de la modernité, tant sur le plan musical que chorégraphique, dans le but d’initier ces jeunes à ces deux arts, voire de les canaliser. Le Sacre du printemps, pièce emblématique s’il en est une et, qui plus est, œuvre charnière dans l’histoire de la danse et évocatrice, de par sa structure, de la liberté d’expression et de l’émancipation de l’adolescence, s’imposait. Si la partition musicale devait bien évidemment être totalement respectée, la chorégraphie, quant à elle, se devait d’être à l’unisson des danses pratiquées par la jeunesse d’aujourd’hui, en particulier du hip-hop, de l’électro et autres danses urbaines. Un patchwork parfaitement adapté à l’âge et aux capacités techniques de chacun des élus, qui n’auraient pour rien au monde cédé leur place !

Devant l’enthousiasme suscité par la création de ce projet en 2009, Marion Muzac décida, avec l’aide de Rachel Garcia, de renouveler l’expérience avec des jeunes d’autres villes : ce fut d’abord avec des adolescents de Düsseldorf en 2011 puis, tout dernièrement, de Seine-Saint-Denis et de Paris par le biais des réseaux du Centre National de Danse et du Théâtre de Chaillot. Une initiative qui suscita un enthousiasme fantastique et qui récompensa les interprètes des nombreuses semaines de vacances et week-end sacrifiés pour réaliser ce rêve.

Sur le plan artistique, les résultats ont été à la hauteur des espérances, essentiellement du fait de l’enthousiasme et du professionnalisme de ces 28 jeunes, dont l’âge s’étalait de 10 à 20 ans. Tout le travail chorégraphique était basé sur le rythme et la « sauvagerie » de la partition qui furent pleinement respectés, donnant à voir des ensembles parfaits, y compris dans les sauts. Il fallait cependant déplorer un certain manque d’unité, tant dans la mise en scène que dans la chorégraphie, et les ensembles auraient gagné à être plus cohérents, plus resserrés et plus centrés, ce qui pouvait s’avérer, il est vrai, difficile à réaliser du fait de la disparité d’âge et de niveau des danseurs. Il eut par ailleurs été souhaitable de raccourcir légèrement l’introduction de l’œuvre, film de présentation des interprètes sur quelques extraits de la version pour piano à quatre mains de ce même Sacre, affiché sur un tout petit écran au devant du plateau, film sans nul doute peu visible du haut de la salle…

Cela dit, il faut saluer le courage de ces deux chorégraphes pour mettre sur pied une telle initiative, laquelle aura eu l’énorme mérite d’ouvrir toutes grandes à ces jeunes les portes des temples de l’Art.

J.M. Gourreau

 

Le Sucre du printemps / Marion Muzac & Rachel Garcia, Théâtre National de Chaillot, 6 et 7 mars 2013.

Marion Muzac / Le Sucre du printemps / Théâtre de Chaillot / Mars 2013

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