Mark Tompkins / Opening night, a vaudeville / L'amuseur devenu triste

 

opening-night-hd3rodolphe-martin.jpgopening-night-hd1rodolphe-martin.jpgMark Tompkins :

 

 

Photos R. Martin

 

 L’amuseur devenu triste

 

The show must go on. Contre vents et marées. Opening Night, a vaudeville, la dernière des créations de Mark Tompkins, n’est pas une pièce comme les autres. Bien sûr, on y trouve son humour, sa verve et sa loufoquerie habituelles, bien sûr l’œuvre est émaillée de moult chansonnettes poussées dans la langue de Shakespeare, bien sûr la danse est reléguée au second plan au profit du music-hall, et c’est d’ailleurs là son originalité mais, dès le début du spectacle, on sent poindre un petit brin de mélancolie, engendré d’ailleurs par son propos. Au delà du sujet prétexté, celui d’un amour partagé pour le vaudeville américain par deux artistes de deux générations différentes et de leur complicité, l’œuvre évoque en filigrane l’appréhension éprouvée par le plus âgé - qui sent ses forces décliner - à ne plus pouvoir garder la suprématie et devoir transmettre son art à son cadet. Car le show doit survivre et se perpétuer. Coûte que coûte. Au risque d’être à jamais effacé des mémoires.

Sujet loin d’être anodin auquel tous les artistes se trouvent un jour ou l’autre confrontés, Mark Tompkins n’échappant évidemment pas à la règle, ayant consacré plus de 35 années de sa vie aux arts du spectacle.* Il est effectivement temps pour lui désormais de songer à passer le relais, ce qui ne s’avère pas toujours facile pour une star du kitsch qui a souvent utilisé le solo pour faire passer ses messages. Une réflexion élaborée au travers d’une suite de numéros tragi-comiques qui évoquent également tout ce qui a fait sa vie, depuis l’enfance en passant par l’amour et l’amitié, les jeux, les voyages, en l’occurrence un étonnant souvenir d’Egypte... Les tâches ménagères, repassage et cuisine - cette dernière symbolisée par un fort curieux poulet rose désailé qui s’échappe en battant la mesure avec ses pattes - sont aussi au menu et abordées d’une façon fort drôle avec l’aide de son compère pince-sans-rire de toujours, l’ami scénographe Jean-Louis Badet. Bref, une pièce à la mesure du talent de Mark Tompkins, certes empreinte d’un zeste de nostalgie et qui manque peut-être un peu d’unité mais qui est servie avec intelligence et panache par des artistes de très grande classe.


J.M. Gourreau

 Opening Night, a vaudeville / Mark Tompkins, Théâtre de la Cité internationale, en partenariat avec le festival « Faits d’Hiver ».

 *Sa première création en France, Naked traces, date de 1976. Mais il commit son premier show, My fair lady, en 1959, à l’âge de 5 ans ! Il crée sa compagnie, I.D.A. (International dreems associated) en 1983.

Mark Tompkins / Opening night a vaudeville / Théâtre de la Cité universitaire / Janvier 2013

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