Martin Schläpfer Ballett am Rhein / Forellenquintett - Neither / Peu convaincant

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Martin Schläpfer et le Ballett am Rhein :                                                          Ph. G. Weigelt

 

Peu convaincant

 

Voilà une compagnie de danse comme on en voit peu sur la scène du Théâtre de la Ville : par le fait d’abord qu’il s’agit d’un ensemble d’essence classique, style qui n’avait pas été programmé dans ce lieu depuis de nombreuses années, par la prodigieuse technicité de ses interprètes ensuite, ce qui n’est pas si fréquent de nos jours… De plus,  avec ses 48 danseurs, le Ballett  am Rhein, avait de quoi satisfaire la curiosité des ballétomanes puisque, malgré la proximité de son lieu de résidence avec la France, c’est la première fois qu’il se produit dans notre pays.

En fait, cette compagnie est relativement jeune puisqu’elle a été créée en 2009 ; aujourd’hui cependant, elle donne plus de 70 spectacles par saison, notamment à l’Opéra de Düsseldorf et au Théâtre de Duisbourg. Son directeur actuel et principal chorégraphe, Martin Schläpfer, ex- fondateur du Ballettmainz, a acquis ces dernières années une très grande notoriété dans son pays. Le magazine allemand « Tanz » lui proposait d’ailleurs en 2010 le titre de chorégraphe de l’année.

La première des œuvres présentées, Forellenquintett, conçue en grande partie sur le célèbre quintette La Truite de Franz Schubert, montre d’entrée de jeu d’une part l’excellent niveau technique de la compagnie, d’autre part, les talents et dons chorégraphiques de Martin Schläpfer, aussi à l’aise dans le domaine de la danse classique que dans celui de la danse contemporaine : en effet, ce ballet débute par une brève variation contemporaine sur la musique Don’t be shy du groupe « The Libertines », avec de nombreux déhanchements et d’étonnantes figures gymniques de virtuosité pure, évoquant parfois certains enchaînements de Forsythe. Changement de style dans la seconde partie de cette pièce, totalement classique cette fois, sur la musique de Schubert, truffée là encore de figures d’une virtuosité étourdissante, tant chez les hommes que chez les femmes : sauts, pirouettes et entrechats plus éblouissants les uns que les autres, enchaînés à une cadence vertigineuse et dont les danseurs semblent s’acquitter avec une facilité déconcertante. On aurait dit que le chorégraphe prenait un malin plaisir à nous montrer l’excellence de l’instrument qu’il avait entre les mains, composé d’ailleurs en majeure partie de solistes… Une virtuosité qui cependant masque la lisibilité de l’argument, celui d’une danseuse subitement plongée - mais pour quelle raison ? - dans un monde de contes de fées, une sorte de forêt mystérieuse au sein de laquelle elle rencontre, sans que l’on puisse s’en expliquer la raison, un poète esseulé, un amateur de Beaujolais (sic), un lutin facétieux, un géant aux bottes enchantées, d'ailleurs leitmotiv de l'oeuvre…

On retrouve malheureusement cet illogisme dans la seconde pièce du programme, Neither, opéra dansé en un acte de Morton Feldman sur un texte de Samuel Beckett comportant  très exactement 87 mots, et ayant pour thème l’inutilité. Un long chant plaintif et douloureux, d’inspiration religieuse, lent et répétitif, d’apparence peu structurée sur le plan de sa traduction chorégraphique et désordonné sur celui de la mise enscène, un grouillement de corps misérables animés de soubresauts et de mouvements épileptiformes, trop souvent parkinsoniens… Un langage chorégraphique très particulier, toutefois non inintéressant, nécessitant cependant une technique que seuls des danseurs rompus au classicisme sont à même de pouvoir traduire et exprimer.

J.M. Gourreau

Forellenquintett et Neither / Martin Schläpfer et le Ballett am Rhein / Théâtre de la Ville, du 28 novembre au 5 décembre 2012.

 

Martin Schläpfer Ballett am Rhein / Forellenquintett - Neither / Théâtre de la ville Novembre 2012

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