Michèle Noiret / Demain / Une écologiste convaincante et convaincue

Photo S. Laloux

Michèle Noiret :

 

 

Une écologiste convaincante et convaincue

 

 

Victime de la pollution et de la surexploitation, notre planète se porte chaque jour de plus en plus mal. D’aucuns ont tiré la sonnette d’alarme et tentent de raisonner ceux qui ont paré leurs lorgnons d’œillères. Quelques artistes sensibilisés ont pris le taureau par les cornes, décidant de frapper un grand coup. Michèle Noiret est de ceux-là.

La croisade qu’elle entamait toute seule il y a deux ans, elle la poursuit aujourd’hui avec maîtrise, conviction et détermination. C’est entre autres le constat de la disparition progressive mais inéluctable des abeilles et la chute catastrophique du taux de pollinisation des fleurs qui l’enjoignirent à prendre son bâton de pèlerin. Mais qui eut cru qu’elle le ferait avec une telle puissance ?

Et pourtant, au début de l’œuvre, c’est une force tranquille qui anime sa frêle silhouette qui se découpe en contre-jour. « J’ai envie de crier, murmure t’elle et, pourtant, à la place, j’ai le sourire. » Mais lorsque cinq grosses lampes descendent des cintres pour s’arrêter à 50 cm ou 1 m du sol, emprisonnant la danseuse sous leur faisceau, éclairant un visage sur lequel se lit la peur, on comprend alors que le réquisitoire risque d’être psychologiquement violent. Pourtant, la danse qu’elle entame sur la transcription pour piano du second mouvement de la 7ème symphonie de Beethoven – d’exécution magistrale, il faut le souligner – traduit une impression de solitude voire d’inquiétude mais non encore de désespoir. Ce sont les quelques instants d’une réflexion intérieure qu’elle livre de vive voix au public qui vont déclencher le cataclysme, une voix qui évoque ses peurs - guerres, cataclysmes, incendies, malheurs - : « On frappe à la porte. (...) Sur le perron, un chien ronge l’os de sa propre patte »… 

Des images de flots d’ordures envahissent alors les écrans au fond du plateau, s’entassent rapidement pour disparaître petit à petit dans des eaux noires. Les bourdonnements d’abeilles s’estompent progressivement. La musique n’est plus que souffle et bruit. Sur l’écran, un film du cinéaste Aliocha Van der Avoort nous renvoie l’image en gros plan d’un bourdon qui agonise. Dès lors, la gestuelle de la chorégraphe sera saccadée, sa solitude deviendra lourde et pesante. Elle tentera en vain de fuir ce monde qui l’oppresse, qui la torture, qui lui ronge le ventre, lui imprimant - comme un cancer - d’atroces souffrances. On la retrouve recroquevillée dans un cercueil de verre puis sur une civière, table de tous les supplices, alors qu’un orage d’une violence inouïe éclate et que des déchets de toute sorte tombent du ciel. A la débâcle de la banquise succéderont tsunamis et déluges. Et c’est à nouveau en solitaire qu’elle s’avancera lentement, angoissée et révoltée, vers les spectateurs, les fixant droit dans les yeux et semblant leur dire : « Nous sommes en train de détruire insensiblement mais inéluctablement notre monde. Voyez déjà où nos exactions ont fini par nous conduire »...

Une œuvre envoûtante d’une puissance visuelle bouleversante et d’une portée immense, qui fait honneur à son auteur.

J.M. Gourreau

 

Demain / Michèle Noiret, La ferme du Buisson, Marne la Vallée, dans le cadre des rendez-vous danse d’Arcadi, Février 2011.

 

 Prochaines représentations :

-         Douai, l’Hippodrome : 8 Mars 2011

-         Liège, Théâtre de la Place : 18 et 19 Mars 2011

-         Mulhouse, La Filature : 13 Mai 2011

Créteil, 17 Mai 2011.

Commentaires (3)

1. 22/02/2011

bonjour, merci pour votre critique. Je remarque qu'il y a une erreur dans le nom du cinéaste, merci de bien vouloir la corriger :
> un film du cinéaste Aliocha Van der Avoort
bien à vous,
Alexandra de Laminne
responsable communication/presse pour la Cie Michèle Noiret

2. casino bonukset (site web) 15/09/2011

Tout cela est très regrettable.

3. roulette online (site web) 23/09/2011

C'est vrai mais il n'a pas ton goût pour la fête,
Pour la nuit pour les autres, pour tout ce que je hais

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