Michèle Noiret / Hors-champ / Un univers hybride entre danse et cinéma

hors-champ-02-m-noiret-ph-s-laloux.jpghors-champ-03-m-noiret-ph-s-laloux.jpghors-champ-05-m-noiret-ph-s-laloux.jpg

    hors-champ-06-m-noiret-ph-s-laloux.jpghors-champ-04-m-noiret-ph-s-laloux.jpg

 hors-champ-01-m-noiret-ph-s-laloux.jpg

Photos S. Laloux

Michèle Noiret :

 

Un univers hybride, à mi-chemin entre la danse et le cinéma…

 

Des images où danse et cinéma s’imbriquent à la façon d’un puzzle, voilà ce que nous propose Hors-champ, la dernière pièce de Michèle Noiret qui semble pourtant bien être le théâtre d’une histoire au sein de laquelle évoluent cinq personnages, mais quelle histoire ?  Un rêve terrifiant ? Un polar ? Un fait divers cauchemardesque ? Un fragment torturé de vie ? Il faut se laisser aller à s’en imprégner sans idées préconçues, se laisser porter par les images sans leur chercher un sens ou une logique immédiats. En fait, il n’y a pas d’histoire, la chorégraphe, passionnée depuis toujours par le 7ème art, ne cherchant pas autre chose qu’à créer, par l’image cinématographique superposée à la danse, un autre rapport à l’espace et au temps, qu’à prolonger l’action pour en expliciter tous les méandres, qu’à enrichir « hors champ » l’image sur scène en lui adjoignant tous les à côtés qui lui ont permis de naître, afin de mieux la décoder. Deux mondes parallèles par conséquent, lesquels s’interpénètrent et se complètent dans le seul but de mettre en valeur la complexité des sentiments qui animent les interprètes. Ainsi se dégagent peu à peu sous les différentes lectures les diverses facettes des personnages mis en scène, leurs penchants et leurs affinités. Mais, à trop vouloir approfondir et décortiquer les idées qui préludent à l’action, on finit par en perdre le fil et ses repères, les incessants va et vient entre la scène et l’écran s’avérant paradoxalement préjudiciables à la compréhension de l’œuvre qui, au bout du compte, s’étiole et semble n’en plus finir…

Son intérêt réside cependant dans l’analyse des sentiments occasionnellement contradictoires qui animent les personnages, dans la mise en avant de leurs pulsions profondes, souvent morbides - qui, d’ailleurs, sont aussi les nôtres - nous poussant parfois à des exactions bien souvent regrettables. Et ce, grâce à la complicité du cinéaste Patric Jean dont la caméra se déplace sur scène, filmant en gros plan les interprètes dont les chemins se croisent sans cesse comme pour mettre en avant ce qui les enflamme, tout comme un psychiâtre les poussant à une introspection psychologique. Une explication de texte, d’ailleurs en parfaite harmonie avec une chorégraphie originale, mettant en valeur, dans les duels notamment, la parfaite maîtrise et la souplesse féline des interprètes. Mais l’œuvre n’en demeure pas moins un labyrinthe à la Hitchcock dont il est bien difficile de trouver la sortie.

J.M. Gourreau

 

Hors-champ / Michèle Noiret, Théâtre National de Chaillot, du 14 au 16 mai 2013.

 

 

Michèle Noiret / Hors-champ /Théâtre de Chaillot / Mai 2013

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau