Mickaël Le Mer / Rouge / Une parfaite maîtrise

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Photos Le Poulpe

 

Mickaël Le Mer :

Une oeuvre parfaitement maîtrisée

 

L’impression la plus prégnante qui demeurera à jamais gravée dans la mémoire du spectateur qui aura pu assister à l'une des représentations de Rouge de Mickaël Le Mer est l’époustouflante cohésion des danseurs dans leurs variations de hip-hop à deux ou à trois. Une cohésion telle qu’elle exerce une sorte de fascination sur le public, en particulier dans les figures les plus acrobatiques, au point qu’il semble que l’œuvre ne pourrait exister qu’avec ces interprètes. Celle-ci est d’ailleurs bâtie sur leur personnalité et leur singularité. Mais l’ensemble formé par ces sept danseurs est tellement parfait qu’ils paraissent être le reflet les uns des autres, bien qu’issus d’horizons très divers.

Et pourtant, le chorégraphe n’a jamais songé à mettre vraiment cette discipline en avant dans le spectacle. Comme son nom l’indique, Rouge s’appuie sur cette couleur, bien qu’elle n’apparaisse paradoxalement ni dans les éléments scénographiques, ni dans les lumières. Mais c’est une couleur qui lui est chère car sa symbolique « joue sur les paradoxes et anime des sentiments intenses et passionnels en totale contradiction ». Rouge va donc mettre en scène, par le truchement d’un langage faisant certes appel au hip-hop mais aussi au flamenco et à la danse contemporaine, diverses personnalités d’obédience, d’expérience et de tempérament différents qui vont exprimer tour à tour les passions, l’amour, la colère, la bestialité, le courage et le danger en s’opposant, se confrontant ou fusionnant, voire en s’exprimant en solo tout au long de l’œuvre: il en est ainsi pour Nicolas Sannier dont la variation finale se révèle chargée d’une émotion indicible et empreinte d’une impression de solitude mêlée d’ivresse associée à une perte de conscience : elle signe sans doute la disparition progressive, l’affadissement des passions et des sentiments exprimés par les corps unifiés des danseurs depuis le début de la pièce.

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Photos J.P. Marcon

 

 

 

Voilà donc une œuvre d’une construction rigoureuse, en parfaite cohésion avec l’univers sonore – très éclectique, il faut le souligner – de Fabrice Tison, évoquant parfois la musique répétitive de Phil Glass ou de Steeve Reich, parfois la mélodie harmonieuse de chœurs bulgares superposée avec bonheur au tintement de bols tibétains. Cette pièce s’avère en outre en parfaite adéquation avec la scénographie géométrique aux lignes épurées de Mickaël Le Mer lui-même, lequel s’avoue être autant architecte-graphiste-scénographe que chorégraphe… Quoiqu’il en soit, cette œuvre se déroule comme un long fleuve tranquille, les diverses séquences qui la composent s’enchaînant naturellement, avec une évidence, une légèreté et un naturel étonnants.

J.M. Gourreau

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Rouge / Mickaël Le Mer,

Théâtre Jean Arp, Clamart,

12 mars 2016.

 

Mickaël Le Mer/ Rouge / Clamart / Mars 2016

Commentaires (1)

1. Nicolas Sannier 22/04/2016

Bonjour et merci pour cette belle critique.

J'aimerais rentrer en contact avec vous si possible.

Cordialement,
Nicolas

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