Mourad Merzouki / Pixel / Bis repetita

Mourad Merzouki:

Pixel, bis repetita:

Quand la danse dialogue avec des images de synthèse

 

Pixel a été créé en novembre 2014 (cf. mon analyse du spectacle dans ces colonnes à cette date). Depuis lors, l'œuvre a connu plus de 180 représentations et touché quelque 120 000 spectateurs… tout en évoluant bien sûr au cours du temps ! Comme nombre de chorégraphes, Mourad Merzouki l'a en effet retouchée à diverses reprises, notamment pour la transposer à des scènes de plus petite taille que celle de la Maison des arts de Créteil sur laquelle elle a vu le jour. Et surtout pour l'adapter à de nouveaux interprètes car elle s’avère bien évidemment ajustée au tempérament de chacun d'eux et recentrée sur leurs capacités techniques. Dans ce ballet - d’une ineffable poésie - qui englobe les artistes dans des images de synthèse, tout, en effet, est d'une précision diabolique, tant de la part des vidéastes que des danseurs. Les images qui naissent sous leurs pas et qu’ils déforment par leurs mouvements, voire même leur souffle, fascinent par leur magie et le délire onirique qu’elles provoquent.

Imaginez un immense filet flottant entre deux eaux au gré des courants ou, encore, une gigantesque toile d’araignée dans laquelle évoluent des gnomes lilliputiens balancés par le zéphyr. L’œuvre, qui fait appel à la danse mais aussi au cirque et aux arts de la vidéo, est émaillée de nombreuses autres images tout aussi fascinantes, telles celle de cette pluie diluvienne dont les gouttes rebondissent comme une myriade d’étincelles sur les parapluies de personnages drolatiques cherchant désespérément un refuge pour s’abriter. Un voyage merveilleux, aux confins du rêve et de la réalité, qui a l’heur de toucher tous les publics, de désacraliser la danse pour la rendre universellement accessible et qui, de par son inventivité, n’est pas sans rappeler Au revoir parapluie et le macrocosme de son auteur, James Thierrée, le petit fils de Charlie Chaplin. Ce qui n’est pas étonnant lorsque l’on sait que James et Mourad ont été nourris entre autres des mêmes références…

Que dire encore de ces étonnants « danseurs-caoutchouc » qui m’ont évoqué Valentin le Désossé, danseur et contorsionniste français immortalisé en 1895 par Toulouse-Lautrec dans le Bal au Moulin Rouge, aux côtés de la Goulue… Voilà donc un enchantement qui ravira petits et grands, au sein duquel tout, par moments, semble suspendu comme le temps que l’on ne voit jamais passer…

J.M. Gourreau

Pixel / Mourad Merzouki, Théâtre Paul Eluard, Choisy-le-roi, 17 mai 2016.

Prochaines représentations :

  • Lannion, le 31 mai et le 1er juin 2016,
  • Antibes, les 26 et 27 juin 2016,
  • Pontault-Combault, le 4 juin 2016,
  • Courtrai les 2 et 3 juillet 2016.

 

 
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