Myriam Gourfink / Gris / Mouvement perpétuel

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Photos J.M. Gourreau

Myriam Gourfink:

Mouvement perpétuel

 

L'univers sonore, dans l'œuvre de Myriam Gourfink, a toujours eu une importance capitale. J'irai même jusqu'à dire que, sans celui-ci, ses pièces chorégraphiques ne pourraient exister. Sa danse, mue par la force de la musique, y puise son énergie, son rythme, sa puissance; elle est l'essence de son mouvement. La dernière création de cette chorégraphe, Gris, s'inscrit dans la lignée de ses pièces précédentes, basées sur la souffle et la respiration. Là encore, aucune narration mais une exploration par le corps des danseurs de cette étonnante création sonore de Kasper T. Toeplitz faite de grondements sourds et profonds, de crachotements, de vrombissements, de frottements, de chuintements, de sifflements, de bruits de meulage et de polissage enchaînés en continu, amplifiés et déformés, créant un univers minéral évoquant tour à tour un cratère de lave en fusion, un cyclone déchaîné balayant tout sur son passage, voire un atelier de ferronnerie ou de métallurgie en pleine activité...

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Kasper T. Toeplitz dans Gris de Myriam Gourfink

Une danse minimaliste qui se prolongera dans le silence bien au delà du départ des interprètes, une danse étonnamment lente et calme dans cet environnement sonore tourmenté, une danse empreinte d'une puissance sourde et contenue comme pour étirer le temps, composée de mouvements amples, intriqués, fusionnés créant un univers aussi poétique qu'envoûtant, au sein duquel on s'immisce et on se laisse couler sans se poser la moindre question. Une danse servie par une chorégraphie malgré tout complexe intégrant de multiples combinaisons de mouvements, magnifiquement interprétée par quatre danseuses maîtrisant parfaitement leur gestuelle, et composant parfois des images d'une grande poésie comme celle  d'une fleur qui s'ouvre ou se balance au gré des vents, voire d'un poulpe en exploration au gré des courants sur quelque fond marin vallonné. Etrange mais fascinant.

J.M. Gourreau

Gris / Myriam Gourfink, Centre Pompidou, du 10 au 13 février 2015.

 

 

Myriam Gourfink / Gris / Centre Pompidou / Février 2016

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