Nathalie Pernette / La figure du gisant / De la mort à la vie, la renaissance

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Nathalie Pernette :

De la mort à la vie, la renaissance

 

Fascinée depuis toujours par le mouvement mais aussi par l'immobilité de la statuaire et des sculptures des tombeaux médiévaux, Nathalie Pernette s'est intéressée depuis fort longtemps à la naissance du geste, au passage de l'immobilité au mouvement, à la renaissance d'un corps plongé pour l'éternité en catalepsie. La figure du gisant  a été créée le 12 juin dernier à l'abbaye de Cluny dans le cadre de la manifestation "Monuments en mouvement", œuvre qui vient d'être redonnée sur le parvis, dans la crypte et dans la nef de la prestigieuse cathédrale de Saint-Denis, au milieu de ses 70 gisants. Une pièce fascinante, presque mystique, d'une grande intériorité, qui a le pouvoir de procurer une étonnante impression de calme, de sérénité et de paix, qui dégage en ces lieux grandioses et chargés d'histoire une sensation de bien-être et de plénitude à nulle autre pareille. C'est en fait le premier volet d'une création, Une pierre presqu'immobile, qui sera présentée dans son intégralité l'année prochaine, les 12 et 13 juin, à Cluny.

06 p105060508 p105064907 p1050612Elles sont cinq à convoquer les morts, à tenter d'entrer en communion avec eux, à dialoguer avec leurs âmes, à leur redonner vie le temps d'un court instant, cinq s’attelant à réveiller leurs corps de pierre dans un monde aussi fantasmagorique que surnaturel. Le prélude de l’œuvre, qui se déroule sur le parvis de l’une des nefs latérales de la Basilique de Saint-Denis, emmène d’ailleurs d’emblée le spectateur dans le monde du surnaturel : on y rencontre un étrange passeur, mi-ange – mi-démon, environné de fumées qui sourdent de ses vêtements de bure comme s’il sortait tout droit des enfers : armé de son sceptre, il s’efforce de rassembler tel un berger muni de sa canne, ses brebis (le public) brutalement saisies d’inquiétude pour les conduire dans la nef. C’est alors qu’elles sont conviées à effectuer une lente déambulation entre chien et loup dans un monde spectral inquiétant, assistant au réveil de ces cinq corps évanescents recouverts d’un suaire, à la naissance de leur premier souffle, à l’éclosion de leurs premiers gestes encore fragiles et indécis au milieu des gisants. Leurs bras qui se tendent lentement vers le ciel, leur gestuelle minimaliste saccadée ou ponctuée de sursauts d’énergie dans une atmosphère lourde, chargée d’un mystère exacerbé par les accents de la musique grave et profonde de Frank Gervais, et ces sons du fond des âges, ponctués de respirations, de souffles et de chuchotements, plongent le spectateur dans une fascination qui le conduira au plus profond de la nuit des temps.

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Photos J.M. Gourreau

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Gérés par le Centre des Monuments Nationaux, cette manifestation, la première du genre, a montré la possible fusion des corps et de l’architecture, en proposant à quatre chorégraphes, Yoann Bourgeois, Radhouane El Meddeb, Thomas Lebrun et Nathalie Pernette, l’animation de prestigieux lieux patrimoniaux et leur mise en mouvement, tout en invitant le visiteur à réfléchir sur les thèmes de la mémoire, du passé  et du présent.

J.M. Gourreau

La figure du gisant / Nathalie Pernette, Basilique de Saint-Denis, 17 octobre 2015.

Nathalie Pernette / La figure du gisant / Basilique de Saint-Denis / Octobre 2015

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