Nathalie Pubellier & Jean Gaudin / Univers croisés / Suis-je belle en ce miroir ?

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Henri / Nathalie Pubellier

Photos J.M. Gourreau

 

Nathalie Pubellier – Jean Gaudin :

 

Suis-je belle en ce miroir ?

 

Séduire, un des plus ardents désirs, avoué ou inavoué, de toute femme. Or Nathalie est belle, très belle, et elle le sait. Alors, pourquoi ne pas en jouer ? Pourquoi ne pas mettre aussi son art à ce même service, elle pour qui la danse est, plus qu’une vocation, un sacerdoce ? Ainsi naquit L’étrangère, de la complicité entre deux artistes de grand talent, Nathalie Pubellier et Jean Gaudin. Un solo d’une grande finesse qui met en avant le plaisir qu’éprouve une femme à faire valoir sa beauté, la jouissance d’être admirée, l’excitation et la volupté d’aguicher son public dans un univers précisément conçu dans ce but, celui du cabaret… Des sentiments qui conduisent petit à petit à laisser les masques tomber, à se dépouiller de tout artifice, à un effeuillage de l’esprit…

Il y a un peu plus d’un an, Nathalie Pubellier proposait à Jean Gaudin d’être l’interprète de sa dernière pièce, un solo également, Henri, d’ailleurs inscrit au même programme. De la connivence qui s’en suivit est né le désir d’inverser les rôles, et c’est Jean cette fois qui se mit à l’œuvre, mettant en scène sur la poignante musique Al Atlal de la compositrice égyptienne Oum Kalsoum, une starlette maniérée mais ensorceleuse qui va se dépouiller petit à petit de sa carapace, de ses atours et de sa préciosité pour, finalement, laisser apparaître sa fragilité, sa faiblesse mais aussi ses réels atouts et sa force. Sa danse est celle de la séduction, celle lascive et sensuelle du ventre mais aussi celle des épaules, aussi voluptueuse qu’originale. Une danse qui procure à la fois bien-être et plaisir qu’indubitablement Nathalie a dans son sang.

D’une tout autre veine, Henri, en ouverture de soirée. Un solo initialement créé par la chorégraphe elle-même et qui évoque le douloureux et difficile passage d’un corps par différents états. Repris et remanié pour Jean Gaudin, la lecture que l’on en fait désormais est totalement différente, de par la forte personnalité de l’interprète, de ses aptitudes à se métamorphoser et à quitter notre monde, peut-être pour pénétrer dans celui du trompettiste Izidor Lettinger qui l’accompagne mais, plus certainement, pour se fondre, au gré du fascinant babil de ses pieds, dans une étrange galaxie animale en perpétuelle mutation.

Deux univers croisés donc, diamétralement opposés, aussi attachants l’un que l’autre, répondant certes à un défi mais au sein desquels on peut lire une complicité fabuleuse - presque magique - entre deux êtres d’une sensibilité et d’une culture différentes mais complémentaires, non sans doute réunis par le hasard.

J.M. Gourreau

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 L'étrangère / J. Gaudin 

Nathalie Pubellier

 

Photos J.M. Gourreau

 

 

Univers croisés : Henri de Jean Gaudin et L’étrangère de Nathalie Pubellier, Théâtre de verre, Paris, du 19 au 22 avril 2013.

Paris / Avril 2013 Nathalie Pubellier & Jean Gaudin / Univers croisés / Théâtre de Verre

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