Olivier Renouf / Terre suspendue / La force de la matière

renouf-o-terre-suspendue-03-l-echangeur-bagnolet-28-09-12.jpgrenouf-o-terre-suspendue-05-l-echangeur-bagnolet-28-09-12.jpg

renouf-o-terre-suspendue-08-l-echangeur-bagnolet-28-09-12.jpg

 

 

 Terre suspendue

Photos J.M. Gourreau

 

Olivier Renouf :

 

La force de la matière

 

Premier volet d'un triptyque qui vient de s'achever par Terre suspendue, L’Homme renversé créé en janvier 2006, était librement inspiré de l’œuvre du sculpteur italien Giuseppe Penone, une des figures majeure de l'Arte Povera. Le second volet, Champs, a vu le jour à Mains d'oeuvres en octobre 2008. Avec Terre suspendue, Olivier Renouf emmène le spectateur en voyage dans un fragment de monde à la rencontre de cinq de ses pairs dont le corps est mis à l’épreuve de la matière, en l’occurrence un sac de terre sous lequel ils évoluent. Un apprentissage de la vie découpée en multiples fragments juxtaposés ou étalés dans le temps au cours desquels les individus vont apprendre à se connaître mais aussi à partager ensemble diverses épreuves, jusqu’à ce que les vicissitudes de la vie les séparent et les mènent au chaos. Un patchwork tout en nuances, davantage tourné vers le théâtre et les arts plastiques que vers la danse proprement dite, ce qui se comprend aisément lorsque l’on sait que cet art ne s’est ouvert au chorégraphe qu’à l’issue de ses études d’arts plastiques !

Pour Giuseppe Penone, tout art résulte du plongeon de son créateur dans les mémoires de son corps pour en faire émerger des matières, des énergies et des rythmes en écho à l’œuvre matérialisée. Il en résulte le fait que le regard du spectateur doit chercher à ne plus voir un corps mais autre chose, « matières, formes informes, paysages »… Autrement dit, laisser vagabonder son imagination au gré de la scénographie et de la gestuelle naissant sous les pas des acteurs-danseurs. De multiples interprétations deviennent ainsi possibles, bien que la force et la puissance de certaines images orientent nécessairement le spectateur, le contraignant à rejoindre l’idée originelle de leur auteur. C’est ainsi que plusieurs tableaux ont tiré les spectateurs de leurs propres pensées pour les rediriger vers celles du chorégraphe, en particulier celle d’une vague roulant et déferlant sur une plage avant de mourir ou, encore, celle d’un radeau de branchages salvateur qui finira cependant par causer la perte de leurs édificateurs.

En définitive, une œuvre poétique d’une grande force humaine qui, bien que parfois un peu alambiquée, révèle un chorégraphe préoccupé par les rapports du corps à la matière inerte et les échanges de force, de charge et d’énergie qui en résultent dans une nature en perpétuelle transformation.

J.M. Gourreau

 

Terre suspendue / Olivier Renouf, Théâtre de l’échangeur, Bagnolet, 28 – 29 septembre 2012.

 

Olivier Renouf / Terre suspendue / Bagnolet / Septembre 2012

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau