Otango / Un grand professionalisme

Otango :

 

Un grand professionnalisme

 

 

 

Ils nous viennent tout droit de Buenos Aires, la capitale du tango. Ils sont dix sept, dix danseurs accompagnés par cinq musiciens et deux chanteurs, aux voix graves et profondes. Inoubliables. Ils ne dansent pas seulement pour le plaisir de danser - ce qu’ils savent pourtant faire à merveille - mais pour raconter une histoire. Leur histoire. Une histoire d’amour et de mort. Une de celles, sordides, que l’on vit quasiment tous les jours dans les bas quartiers de Buenos-Aires, précisément ceux où est né le tango, ceux d’où ils sont issus. Une histoire universelle toutefois, celle d’un homme dont la frivolité et les errances le conduiront à perdre la seule femme que, véritablement, il aimait. A l’instar de la Carmen de Mérimée, cette séparation le fera sombrer dans la folie, à tel point qu’il commettra, suite à une dispute, l’acte irréparable. Et, comme dans Giselle, hanté par le remords, il tentera par tous les moyens - mais sans succès - de la faire renaître.

Un récit poignant qui nous est conté alternativement par le chant et la danse, le premier exprimant davantage la passion, la violence et la profondeur des sentiments que la seconde, évoquant quant à elle la volupté et la sensualité, le désir et l’amour, la jalousie et la rage, le conflit et la lutte. La chorégraphie d’Adrian Veredice et d’Alejandra Hobert, bien que parfois sophistiquée et très rapide, est théâtrale et parfaitement adaptée au propos, élégante et enlevée, teintée d’une pointe d’érotisme quand il le faut. Un langage puisé aux origines du tango et qui en montre les multiples facettes mais qui évoque aussi la misère du peuple défavorisé des favelas. Or ces artistes, tant les danseurs que les musiciens ou les chanteurs, sont criants de vérité, exprimant ce drame avec foi et toute la force de leur âme.

Cette œuvre en cinq tableaux présente entre chacun d’eux - et c’est peut être le seul reproche que l’on pourrait lui faire - des cassures de rythme nuisant à la lisibilité de l’histoire. Toutefois, elle est servie dans des décors réalistes bien adaptés, ce qui rompt avec les spectacles traditionnels qui nous sont donnés à voir, fort peu nombreux d’ailleurs. Mais rares sont ceux d'une telle beauté et d'une telle trempe…

 

J.M. Gourreau

 

Otango / Olivier Tilkin, Adrian Veredice et Alejandra Hobert, Casino de Paris, jusqu’au 14 novembre 2010.


Prochaines représentations :

-         Angers, Centre des Congrès, 16 Novembre

-         Les Sables d’Olonne, Les Atalantes, 17 Novembre

-         Joué les Tours, Auditorium Espace Malraux, 18 Novembre

-         Toulon, Palais Neptune, 21 Novembre

-         Annecy, Arcadium, 21 Novembre

-         Marseille, Palais des congrès, 24 Novembre

-         Béziers, Zinga Zanga, 25 Novembre

-         Nice, Acropolis, 26 Novembre

-         Toulouse, Théâtre Barrière, 28 Novembre

-         Biarritz, Gare du midi, 30 Novembre

-         Boulazac, Le Palio, 1er décembre

-         Perpignan, Palais des congrès, 2 Décembre

-         Dijon, Le Zénith, 4 Décembre

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