Paris de la danse / De New-York à Paris / Gala d'étoiles

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Photos Luca Vantusso

Le Paris de la danse :

Gala d’étoiles

 

Suite au succès remporté par la Kibbutz Contemporary Dance Company l’année dernière à la même époque, le Théâtre de Paris, sous l’égide  de Richard Caillat et Stéphane Hillel, a de nouveau ouvert ses portes avec beaucoup de bonheur à la danse, en montant un spectacle qui renoue avec la tradition des grands galas du passé : ces représentations permettaient à un public qui ne pouvait que très rarement admirer étoiles ou premiers danseurs des grandes compagnies en vogue à l’époque - et notamment celle de l’Opéra de Paris - de les applaudir au travers de courts extraits de ballets du répertoire, soli, pas de deux ou brèves variations. Mais, si ces soirées donnaient l’occasion aux artistes de se faire valoir auprès d’un public aussi vaste que varié, en se montrant sous son meilleur jour tout en dévoilant ses atouts et ses talents, il faut savoir aussi que les spectateurs les attendaient très souvent au tournant. Ceux-ci se devaient en effet de briller de tous leurs feux au risque d’être livrés au petit jeu des comparaisons, lesquelles ne tournaient pas toujours à leur avantage… Gare à ceux qui faillaient ; leur réputation était en effet en jeu à tout instant  et ils risquaient de perdre en quelques minutes ce qu’ils avaient mis des années à acquérir, ce public occasionnel se révélant souvent impitoyable !

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Outre une master class exceptionnelle donnée par Laurent Hilaire, ex-danseur étoile et maître de ballet de l’Opéra de Paris et, depuis 2017, directeur du ballet du Théâtre Stanislavski de Moscou, trois soirées de courtes pièces de prestige ont été présentées dans le cadre de ce "Pari(s) de la danse". Celles-ci réunissaient sur la même scène neuf solistes de l’American Ballet sous la houlette de Daniel Ulbricht, soliste au New –York City ballet, et onze solistes et étoiles italiens de l’Opéra de Paris. Si, sur les 154 danseurs qui forment la troupe du Palais Garnier, 16 seulement sont d’origine étrangère, 11 parmi ces derniers sont des italiens et ont été regroupés en 2016 par le premier danseur Alessio Carbone pour former le groupe des "Italiens de l’Opéra de Paris". Cette petite troupe a eu l’heur, depuis lors, de tourner un peu partout à travers le monde mais jamais dans notre capitale, ce qui était vraiment regrettable car les danseurs qui la composent sont réellement des artistes de valeur. Un manquement désormais réparé !

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Trois programmes donc, essentiellement composés de brefs extraits de pièces du répertoire, pas de deux classiques de bravoure, comme le Don Quichotte de Noureev sur la musique de Minkus ou Le Corsaire de Perrot sur la partition d’Adolphe Adam, mais, aussi, de piécettes plus contemporaines et moins connues comme Palindrome presque parfait de Simone Valastro sur une partition de John Adams, Liturgy de Christopher Wheeldon sur une musique d’Arvo Pärt ou Delibes Suites de José Martinez sur une musique de Léo Delibes. Si ces soirées se sont révélées un véritable régal, le spectacle qu’il m’a été donné de voir avait pourtant mal débuté, La mort du Cygne de Fokine sur la partition éponyme de Saint-Saëns, dansée par Sofia Rosolini, manquant totalement d’immatérialité et d’éthéréité. Maladresse rectifiée au spectacle suivant, cette même pièce étant interprétée de façon sublime par Valentine Colasante, étoile de l’Opéra de Paris. Cette même artiste se produisait également de façon éclatante la veille dans le pas de deux de Don Quichotte où l’on put admirer sa fabuleuse technique, notamment dans ses 32 fouettés. Son partenaire, Paul Marque, noble, fin et racé, brilla lui aussi dans son manège de grands jetés. Il n’est bien sûr pas possible d’évoquer les 11 pièces programmées au cours de chacune des soirées, mais l’atout majeur de ces spectacles éclectiques, fort bien composés, fut de renouer avec une tradition un peu tombée en désuétude et d’établir un pont entre le romantisme et la danse contemporaine, mettant parfaitement en valeur les artistes de ces deux compagnies. Un mot tout de même de Aunis du regretté Jacques Garnier, petit bijou d'humour et de fantaisie sur une partition de Maurice Pacher (lui même avec son compère Gérard Baraton à l'accordéon), magistralement interprété par Simone Valastro, Francesco Mura et Andrea Sarri, qui terminait la soirée en feu d'artifice...

J.M. Gourreau

De New-York à Paris / Stars of American Ballet & Italiens de l’Opéra, Théâtre de Paris, Paris de la danse, du 13 au 16 juin 2019.

 

Paris de la danse / De New-York à Paris / Théâtre de Paris / Juin 2019

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