Paul Taylor / Cloven Kingdom - Beloved renegade - Esplanade / Exubérance, lyrisme et émotion

 

p-taylor-esplanade-ph-p-b-goode.jpg

p-taylor-beloved-renegade-ph-p-b-goude.jpg

 

 

 

 

 

                    Esplanade - Ph. P.B. Goude                                                                                                  Beloved Renegade - Ph. P.B. Goude

 p-taylor-cloven-kingdom-ph-t-caravaglia.jpg

Cloven Kingdom-Ph. T. Caravaglia

Paul Taylor :

Exubérance, lyrisme et émotion

 

Que de chemin parcouru depuis ce jour de 1962 où Paul Taylor débarquait au Théâtre des Nations à Paris (devenu aujourd’hui Théâtre de la Ville) avec Three Epitaphs qui lui permit d’obtenir le prix de la critique du meilleur chorégraphe. On le revoit deux ans plus tard au Festival International de Danse de Paris avec Aureole, une œuvre électrisante pleine de jeunesse, de vie et de joie, une œuvre révolutionnaire en ce sens que, dansée pieds nus, elle donnait l’impression d’une incommensurable liberté ! Cinquante ans ont désormais passé et, comme on peut le voir avec Beloved Renegade dont c’est la première à Paris, cette légèreté, cette désinvolture et cet entrain qui caractérisent l’œuvre de Paul Taylor n’ont rien perdu de leur éclat.

Le programme présenté cette saison dans le cadre des étés de la danse ne comporte pas moins de 15 ballets, dont 5 sont présentés pour la première fois à Paris et donc, parmi eux, Beloved Renegade, une pièce composée en 2008 sur le Gloria de Francis Poulenc, alors que Paul Taylor avait 78 ans. Une œuvre certes grave mais pas austère, hommage au poète américain Walt Whitman, rendu célèbre par ses Leaves of grass dans lesquelles il célèbre la démocratie d’Abraham Lincoln durant la guerre de Sécession. Une atmosphère religieuse au lyrisme contenu. On y relève toujours la recherche de belles compositions, une attention minutieuse à l’élaboration et l’agencement des parcours et des tableaux dans un style qui n’a pas vieilli et, surtout, cette fluidité et cette inimitable élégance du geste, particulièrement remarquable dans les duos et trios, sans doute apprise chez Martha Graham. L’œuvre est de plus servie par une partition d’une force et d’un lyrisme peu communs, renforçant la chaleur et l’émotion qu’elle dégage.

En ouverture de soirée, Cloven Kingdom, une pièce peu donnée en France mais bien caractéristique du style de Paul Taylor par sa musicalité, sa nature animale et sauvage, son allure légère et aérienne, son dépouillement et ses couleurs harmonieuses aux tons pastel. Si elle évoque la frénésie des danseurs lors d’un bal « haute-couture » fort original, elle montre aussi les dérives qui peuvent jeter l’homme plus bas que terre sous l’emprise de la drogue ou de l’alcool.

En clôture du spectacle, une œuvre beaucoup mieux connue du public parisien puisque Esplanade a été présentée à plusieurs reprises dans la capitale. C’est en effet l’une des pièces fétiches de ce chorégraphe, inspirée par une scène amusante, celle d’une jeune fille tentant de rattraper son bus mais, bien évidemment, n’y parvenant pas… D’où la mise en scène de déséquilibres surprenants et de cocasses roulades au sol, moult fois repris et répétés ! Un ballet exubérant, à nouveau plein d’humour, d’entrain et de joie, sur le célèbre Concerto pour deux violons en ré mineur de Bach, révélant une compagnie au mieux de sa forme, qui n’a pas pris une ride depuis sa dernière apparition à Paris il y a maintenant 12 ans.

J.M. Gourreau

 

Paul Taylor Dance Company, 13 œuvres différentes dont 5 présentées pour la première fois à Paris, Théâtre National de Chaillot, 19 au 28 juin 2012, dans le cadre des étés de la danse.

Paul Taylor / Cloven Kingdom - Beloved renegade - Esplanade / Théâtre de Chaillot / Juin 2012

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau