Philippe Découflé / Octopus / Diable d'homme !

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 Photos Xavier Lambours

 

 

Philippe Découflé :

 

Diable d’homme !

 

Il a resserré les boulons. Son Octopus actuel n’a en effet plus rien à voir avec la création de l’œuvre en octobre 2010. « Nous avons beaucoup travaillé pour peaufiner cette pièce », dit-il simplement. Et d’ajouter : « Nous n’étions pas réellement prêts à sa création ». En effet, exit aujourd’hui les longueurs… Tout est désormais parfaitement rôdé et s’enchaîne avec une logique implacable, les tableaux se succédant les uns aux autres comme les mouvements d’une horloge suisse. Les trouvailles scéniques, toutes plus originales les unes que les autres, sont parfaitement mises en valeur. Il faut dire aussi que ce diable d’homme a le chic pour dénicher des artistes de grand talent, et pas seulement des danseurs comme cet athlète noir d’une fabuleuse beauté mais aussi des comédiens, des circassiens, et des compositeurs-musiciens-chanteurs comme Pierre le Bourgeois  et Labyala Nosfell dont le registre vocal s’étend de celui de la haute contre jusqu’à celui du ténor. Réellement étonnant.

En fait, l’art de Découflé consiste à mêler avec un égal bonheur tous les arts du spectacle, qu’il s’agisse de danse, de musique, de cirque ou de vidéo, les auréolant d’un grain de fantaisie, d’un zeste d’humour et d’une bonne dose de poésie. Et ce qui à l’heur de plaire à son public, c’est son éclectisme et ce côté « Revue » dont il ne s’est jamais départi. Tout est soigneusement léché, quel que soit le domaine abordé. Si la danse a un petit côté tarabiscoté, elle est cependant moelleuse et enveloppée. Côté mise en scène, c’est l’originalité qui prime, les trouvailles plus innovantes les unes que les autres étant parfaitement exploitées, comme je l’ai déjà écrit à la suite de la création de l’œuvre (voir critiphotodanse, janvier 2011). Le plus fascinant peut-être est ce remake du Boléro de Béjart qui termine le spectacle. S’il s’en est seulement inspiré, n’en retenant que l’esprit, le fait d’y avoir adapté une nouvelle musique et, surtout, une vidéographie mettant en valeur la magie des figures élaborées par les danseurs lui donne une dimension et un caractère totalement différents. Et si l’on trouve d’autre clins d’œil comme aux Pink Floyd, à Karole Armitage ou à Nikolaïs, il n’en reste pas moins qu’Octopus  restera une pièce qui exercera toujours la même fascination chez les spectateurs, qu’ils aient 7 ou 77 ans !

J.M. Gourreau

 

Octopus / Philippe Découflé, Théâtre National de Chaillot, du 6 au 18 décembre 2012.

Philippe Découflé / Octopus / Théâtre National de Chaillot / Décembre 2012

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