Philippe Découflé Sombrero Créteil Novembre 2007

Philippe Découflé :

 

Magie des ombres

 

 

 

Découflé aurait-il trouvé la formule de l’élixir d’éternelle jeunesse ? Sa dernière création, Sombrero, est en effet empreinte d’une telle verve et d’un tel esprit qu’on aurait du mal à croire le contraire. Sous le fallacieux prétexte de nous conter l’histoire de François et de Françoise, le chorégraphe des jeux d’Albertville nous embarque dans un voyage qui débute dans le royaume des ombres pour se terminer sous le soleil du Mexique après avoir survolé les plages de Miami et traversé la forêt enchantée de Brocéliande (du moins ai-je cru les reconnaître)…

Si, au début de l’œuvre, Découflé nous ôte toute surprise en nous prévenant qu’il allait jouer sur les ombres, ce qu’il fait d’ailleurs réellement, on se dit qu’il aurait pu faire preuve de davantage d’imagination, le système ayant été déjà bien exploité par d’autres auteurs comme Montalvo ou Pilobolus. Mais il est vrai que le système est toujours plaisant à l’œil car le chorégraphe y met nécessairement sa griffe tout en lui apportant un zeste de poésie, une once de magie et d’originalité. Ainsi peut-on assister à une symphonie en noir et blanc - très dansée - au cours de laquelle de remarquables artistes se dédoublent, jouent avec leur ombre, la cherchent, la perdent, la rattrapent… sous les rythmes tantôt mélodieux, tantôt plus enlevés de Brian Eno, interprétés avec brio en live par un pianiste et un percussionniste, agrémentés des jeux de mots fort drôles et pleins d’esprit de Claude Ponti.

Mais ce serait mal le connaître Découflé que de le croire seulement capable de s’en arrêter là. Au fur et à mesure du déroulement du voyage, celui-ci se complexifie. Le chorégraphe démontre à nouveau sa maîtrise des jeux de lumière et des effets vidéo-scéniques. Pince sans rire, il l’est, pince sans rire il reste. Tout est prétexte à faire rire, à distiller la bonne humeur. Que ce soit poétique ou farfelu. Chaque instant qui se passe est un émerveillement car les trouvailles sont constantes, toujours plus étonnantes les unes que les autres, toujours renouvelées, ouvrant la porte au rêve et nous permettant de s’y engouffrer.

 

                                                                                                                J-M. Gourreau

 

                                                      Sombrero / P. Découflé                                 Photo J.M. Gourreau

 

Sombrero / Philippe Découflé, Créteil, Maison des Arts, Novembre 2007

 

Prochaines représentations : 19 – 21 Mars 2008 : Rouen

                                                29 mars – 5 Avril : Caen

                                                16 – 18 Avril : St Quentin en Yvelines

                                                22 – 24 Mai : Châlons / Saône  

                                                28 – 29 Mai : Nîmes                

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