Rachid Ouramdane / Tenir le temps / Réactions en chaîne

L a tenir le temps credit patrick imbert 9L a tenir le temps credit patrick imbert 1

 

 

 

Photos Patrick Imbert

 

Rachid Ouramdane :

Réactions en chaîne

 

Le rideau s’ouvre sur un immense plateau blanc, totalement vierge,  au centre duquel se trouve, debout, un danseur. Curieusement, celui-ci semble avoir du mal à se mouvoir comme si ses articulations, ankylosées, ne voulaient plus lui obéir. Mais la machine se remet peu à peu en marche, comme dérouillée après un long moment d’inertie. Tout va alors très vite. Deux, puis quatre, puis six, puis huit, dix, douze et, finalement, quatorze danseurs le rejoignent au fur et à mesure que son corps se déploie, retrouvant rapidement toute sa souplesse. Tout ce petit monde va bientôt exécuter, chacun à son rythme, une série de mouvements de plus en plus rapides et de plus en plus complexes, quasiment jusqu’à l’épuisement. Si, par moments, la chorégraphie parait désordonnée et confuse, elle se réorganise peu à peu, les danseurs se regroupant pour former des ondes, rubans qui se nouent et se dénouent, changent de direction, éclatent et se dissolvent pour mieux se recomposer l’instant d’après. Roseaux courbés par le vent, vagues qui se forment, se creusent, déferlent et se redressent, déboulent et s’écrasent comme celles d’une mer déchaînée. Mais, peu à peu, tout revient au calme pour se remettre cependant en mouvement l’instant d’après sous une autre forme. Des réactions en chaîne qui vont ainsi se succéder quasiment durant une heure sur une partition musicale particulièrement bien adaptée de Jean-Baptiste Julien. Une mécanique qui s’emballe et se poursuit en un flux continu jusqu’à son extinction.

Cette œuvre, hypnotisante, créée en 2015 au festival de Montpellier Danse,  se veut un écho à Tout autour, une pièce créée précédemment par Rachid Ouramdane pour le Ballet de l’Opéra de Lyon. A l’inverse de celle-ci qui reposait sur des évènements politico-historiques, pas de thème sous-jacent mais l’exploration de l’énergie de corps victimes d’un phénomène de contagion et contraints  à s’engager jusqu’à leurs limites les plus extrêmes. A l’image d’un monde - sans doute le nôtre - embarqué dans un tourbillon frénétique dont les protagonistes ne parviendront que difficilement à s'extraire pour retrouver la liberté…

J.M. Gourreau

L a tenir le temps credit patrick imbert 5 1L a tenir le temps credit patrick imbert 7

 

 

 

 

 

Tenir le temps / Rachid Ouramdane,Théâtre de la Ville, du 15 au 17 février 2016.

 

Rachid Ouramdane / Tenir le temps / Théâtre de la Ville / Février 2016

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau