Radhouane El Meddeb / Au temps où les Arabes dansaient / La Ferme du Buisson

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Photos J.M. Gourreau

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Radhouane El Meddeb :

L’appel de la danse du ventre

 

Voilà un chorégraphe qui n’a pas froid aux yeux et qui ose dire ce qu’il a à dire. A l'instar de nombreux artistes tunisiens, Radhouane El Meddeb a été très marqué par les révolutions, tant culturelles que sociales, qui ont bouleversé son pays ces dernières années. C’est autant l’expression d’un instant de nostalgie qu’un cri de révolte qu’il nous fait partager au travers de cette pièce au titre ô combien révélateur, Au temps où les Arabes dansaient. Nostalgie de cette danse du ventre, apanage des femmes maghrébines par laquelle elles exprimaient leur féminité mais aussi leurs sentiments, leurs joies et leurs peines. Nostalgie de ces rites religieux au sein desquels il a été élevé et qui ont aujourd'hui tendance à perdre un peu de leur sens profond. Nostalgie des années 50-60, âge d’or du cinéma arabe, où l’on vivait dans l’exubérance et le plaisir. Mais aussi révolte contre les violences, les injustices et exactions souvent impunies de ces dernières décennies, révolte contre la perte de cette liberté et la répression aveugle, révolte contre certaines castes religieuses qui, par le biais du tchador entre autres, contraignent désormais le peuple à vivre dans la crainte. Tout cela est exprimé tantôt insidieusement, tantôt avec plus de force par quatre danseurs partageant réellement les convictions du chorégraphe. Mais ce qui ressort davantage presque comme un leitmotiv, c’est l’envie et le regret de ne pas avoir eu lui-même la liberté de s’adonner à cette danse du ventre, rituel quasi sacré dont la pratique a connu un essor fulgurant dans le monde depuis les années 90.  

Peut-être est-ce pour cela que le début du spectacle se déroule dans le silence, la pénombre et une immobilité totale, en hommage à cet art florissant à la fin du siècle dernier et qui ne survit en partie dans son pays que grâce au tourisme. Mais ses danseurs nous démontrent que cet art dévolu aux femmes peut tout aussi bien être pratiqué, avec autant de dextérité, de conviction et de finesse, par la gent masculine. Et, ma, foi, bien que cela puisse être considéré par d’aucuns comme un sacrilège, cela vaut bien le détour !

J.M. Gourreau

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Au temps où les Arabes dansaient / Radhouane El Meddeb, 

La Ferme du buisson, Marne-la-vallée, 6 et 7 novembre 2014.

Radhouane El Meddeb / Au temps où les Arabes dansaient / La Ferme du Buisson / Novembre 2014

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