Régis Obadia / Tristan +Iseult - Fragments / L'amour plus fort que la mort

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                       Photo Kolia                                                                                                                              Photo Rustam

Régis Obadia :

L' amour plus fort que la mort

 

C'est à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Richard Wagner que Régis Obadia créait, le 20 juin 2013 au Centre Meyerhold de Moscou, un ballet pour huit danseurs, une chanteuse et une pianiste, Tristan + Iseult - fragments, en partenariat avec les Ballets Moskva et l'Institut Français de Russie. Ce spectacle, nominé trois fois pour le Masque d'Or 2014 de Moscou meilleur spectacle de danse, meilleure interprète féminine et meilleur interprète masculin nous est donné à voir en tournée en France du 25 novembre au 13 décembre avec les danseurs de la création.

Ces éloges et nominations ne sont pas pour nous étonner lorsque l'on assiste à ce spectacle. Voilà en effet une œuvre extrêmement émouvante d'une puissance extraordinaire, empreinte d'un fatalisme inéluctable et d'un incommensurable désespoir, ce qui donne aux danseurs-acteurs la possibilité de faire rejaillir leur charge émotionnelle sur le public. Comme l'indique son titre, le ballet ne nous conte pas le roman dans son intégralité mais il en reprend les temps forts, les moments-clé. Il s'agit en fait d'une "immersion poétique dans les méandres de ce récit, afin d'en saisir les émotions essentielles, les états d'âme et de corps," comme l'explique le chorégraphe dans le programme, ce qui peut parfois dérouter un peu le public qui ne retrouve pas - et pour cause - l'histoire dans son intégralité. En fait, Régis Obadia s'est inspiré non seulement du synopsis de l'Opéra wagnérien mais aussi et surtout de la légende de Tristan écrite par Béroul au 12ème siècle. Ce qui lui a permis aussi - et c'est là que réside entre autres l'originalité du spectacle - d'utiliser comme support musical tantôt des fragments de l'Opéra dans la version de Karajan, tantôt, pour les passages plus légers, une version pour piano et soprano, auréolant la danse d'une lumière toute particulière, lui conférant une couleur et une dimension infiniment plus prégnantes. Ce, d'autant que la présence étonnante de la chanteuse russe, Maria Gulick, sur le plateau et sa voix sublime rehaussaient la force dramatique de l'action et le jeu déjà poignant des danseurs. Une parenthèse ici pour souligner l'exploit - le mot n'est pas trop fort - de parvenir à faire entrer en France, même pour une petite dizaine de spectacles, une troupe d'une dizaine d'artistes russes d'un tel talent quand on connait les problèmes diplomatiques avec la Russie et les tensions que cela engendre...

Mais revenons au spectacle qui se caractérise avant tout par la force et l'originalité de sa chorégraphie, très représentatives du style de Régis Obadia. Une chorégraphie toujours signifiante, très torturée, mettant en avant la force intérieure des interprètes. Elle fait appel à de nombreux portés souvent très acrobatiques, ainsi qu'à des figures au sol d'une grande précision et d'une très grande force, d'une difficulté d'exécution redoutable qui exigent des danseurs de très haut niveau, tant sur le plan technique qu'artistique. La scénographie, d'une grande beauté plastique, œuvre de Lisa Wiergasova, auréole le spectacle d'une atmosphère un peu mystérieuse qui sied particulièrement bien au sujet. Il est réellement regrettable que ce spectacle ne soit pas présenté dans une des grandes salles de notre capitale...

J.M. Gourreau

Tristan + Iseult - fragments / Régis Obadia, Espace Carpeaux, Courbevoie, 27 novembre 2014.

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.Photos Rustam

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Prochaines représentations :

- 3 décembre 2014, Le Bouscat (Gironde)

- 5 décembre 2014, Arcachon

- 9 décembre 2014, Bayonne

- 11 décembre 2014, Montgeron

- 13 décembre 2014,  Poissy

Régis Obadia / Tristan +Iseult - Fragments / Courbevoie / Novembre 2014

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