Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-St Denis / Éclectisme de rigueur

Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-St Denis :

 

Eclectisme de rigueur

 

Pour tous les goûts, sous toutes les formes et toutes les couleurs... Le cru 2013 des Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis s’avère fort varié : ce panorama de la danse d’aujourd’hui est en effet d’une richesse extrême, sans toutefois être révolutionnaire. Mais, comme à l’habitude, Anita Mathieu s’est appliquée à présenter à son public un paysage très vaste de la danse contemporaine dans le monde actuel : 23 compagnies invitées, 10 créations, 12 pays représentés, ce n’est pas rien ! Parmi celles que nous avons pu rencontrer, d’aucuns font l’objet de commentaires plus fournis et, de ce fait, traités à part. Les lignes ci-dessous sont consacrées aux autres, non moins méritants, il faut le souligner. Simple affaire de goût !

 

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Now the field is open / Hooman Sharifi

Ph. Cie. H. Sharifi



Hooman Sharifi :

 

Si sa danse ne présente réellement rien de vraiment novateur, c’est le charisme des interprètes qui emporte sans conteste l’adhésion des spectateurs. Now the field is open nous transporte en Perse, au pays du chorégraphe. Sur scène, trois musiciens traditionnels iraniens dont les rythmes et chants vont embarquer le public dans une sorte de joutes amicales avec les danseurs, lesquels vont se mettre en devoir d’adapter leur style propre à une musique avec laquelle ils ne sont pas réellement familiarisés, en l’occurrence une musique soufie, qui, finalement, va merveilleusement bien servir le hip-hop ou la danse contemporaine. Deux groupes de  danseurs qui se renvoient la balle dans une confrontation chaleureuse et bon enfant, dont l’originalité tient non à sa conception mais à son exécution du fait de la personnalité des interprètes, parmi lesquels  un danseur « rondouillard » étonnamment léger, à savoir le chorégraphe lui-même ! Irais-je même jusqu’à dire ce que c’est lui qui communique cette impression de bonheur, de chaleur et d’insouciance qui déclenche l’enthousiasme du public ?

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Solitudes solo / D. Léveillé - Ph. J.M. Gourreau

Daniel Léveillé

 

On ne connaissait pas Daniel Léveillé sous ce jour. A l’inverse de La pudeur des icebergs,  d’Amour, acide et noix ou du Crépuscule des océans présentés ces dernières années en région parisienne, Solitudes solo est une œuvre beaucoup plus austère, un enchaînement de huit soli pour cinq danseurs qui se veut retracer les émotions qui étreignent chacun des artistes lorsqu’ils se retrouvent seuls sur scène. Cette succession de soli entrecoupés de pauses s’avère en fait un travail de sculpture sur les interprètes, comme si chacune des variations était la matérialisation de l’œuvre d’un sculpteur dans l’ombre, mouvements qu’il stopperait de temps à autre soudainement pour jauger la beauté des formes ainsi créées et l’harmonie du mouvement construit. Malheureusement ces variations, exécutées dans le silence ou sur quelques partitas de Bach, bien que truffées de sauts, tours en l’air, rotations extrêmes du bassin et autres figures virtuoses, s’avèrent par trop classiques et manquent d’originalité dans leurs enchaînements. Mais elles ont le mérite de mettre en valeur le goût du chorégraphe pour l’architecture et, surtout, le talent des interprètes, en particulier celui de la seule femme du groupe présente, Lucie Vigneault.

 

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The Nikel project songs / Mamaza - Ph. J.M. Gourreau

Mamaza, ensemble Nikel

 

Etrange pièce que celle présentée par le groupe Mamaza, en collaboration avec les musiciens de l’ensemble Nikel dont le seul et unique but est de produire expérimentalement toutes sortes de sons - voire de bruits - en dansant, en manipulant des objets hétéroclites, en les frottant ou en les faisant vibrer… Leurs auteurs le préconisent d’ailleurs d’entrée de jeu : le spectateur est invité à « écouter avec ses yeux et regarder avec ses oreilles »… En effet, ces vibrations, grincements, frottements, chuintements, borborygmes, sifflements et autres sons flûtés produits par les corps en mouvement génèrent parfois des instants magiques non dénués d’intérêt. Mais, est-ce encore de la danse, est-ce de la musique ? On peut réellement se le demander…

J.M. Gourreau

 

-          Now the field is open / Hooman Sharifi, Espace Michel-Simon, Noisy le Grand, 17 mai 2013

-          Solitudes solo / Daniel Léveillé, Maison du Théâtre et de la danse d’Epinay-sur-Seine, 25 & 26 mai 2013

-          The Nikel Project songs / Mamaza Ensemble Nikel, CND Pantin, du 27 au 29 mai 2013

 

 

 

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