Revue et corrigée / R. Montllo-Guberna – B. Seth

Revue et corrigée

 Photo J.M. Gourreau

 

 

 

 Roser Montllo-Guberna et Brigitte Seth :

 


 

Miel et fiel


 

 

Tout est dans son titre : le spectacle que vient de reprendre la compagnie Toujours après minuit est effectivement une revue, mais à la sauce Roser Montllo-Guberna  - Brigitte Seth, c'est-à-dire revue et corrigée eu égard à ce que l’on serait en droit d’attendre d’une revue : une sauce aigre-douce saupoudrée de temps à autre d’un piment de Cayenne corsé. Ou, si vous préférez, un mélange de miel et de fiel… Il s’agit en fait d’une comédie humaine, d’un hommage aux artistes de tout poil, quelle que soit leur obédience. Sur scène d’ailleurs, une claveciniste baroque, une chanteuse contemporaine, des acteurs et des danseurs, un magicien, des machinistes et, même, un documentaliste… Peut-être pour aider le public à déchiffrer le castillan, le catalan ou l’alsacien dont le texte est émaillé… La pièce commence comme un vaudeville, Brigitte Seth s’emberlificotant dans le fil de son micro. Est-ce du lard ou du cochon ? Doit-on rire ou non ? En tous les cas, le ton est donné. Gags et morceaux d’anthologie alterneront ainsi pendant tout le spectacle. Cette liberté d’écriture permet aisément le passage d’un style à un autre, de l’humour à la dérision. C’est souvent drôle mais, souvent aussi, pathétique lorsque l’on connaît les conditions de travail et de vie des artistes d’aujourd’hui.

Or la pièce à été créée il y a plus de 4 ans ! Si beaucoup de choses sont dites, beaucoup aussi sont sous-entendues. Rien n’a bougé depuis. Et ça fait mal, car la peinture est fidèle à la réalité. Tous les sentiments humains transparaissent : amour, compassion, joie mais aussi fourberie, voire cruauté. Dans ce milieu plus qu’ailleurs, il faut se battre pour survivre, en écrasant celui qui pourrait vous damer le pion. Une manière ou une autre de dire qu’il n’y a pas de place pour tout le monde. Une vérité qui n’est pas toujours bonne à entendre mais qui, sous cette forme, passe comme une lettre à la poste. Pince sans rire elles sont, pince sans rire elles resteront. Pour la plus grande joie de tous.

 

                                                                                                                                                                 J.M. Gourreau

 

Revue et corrigée / R. Montllo-Guberna – B. Seth, Espace 1789, Saint-Ouen, Octobre 2008.

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