Rock the ballet / Bad boys of dance / Rasta Thomas

 

Rock the ballet :

 

 

Pour la performance

 

 

C’est bien la première fois qu’il m’est donné de contempler un manège de « grands jetés » sur de la musique rock ! Qui plus est, d’une exécution que n’aurait certainement pas reniée un Baryshnikov… La perfection même ! Et ce n’était pas la moindre des figures acrobatiques de la panoplie du ballet classique… Je crois bien qu’elles y sont toutes passées, toutes avec un abattage à vous couper le souffle…

Les danseurs de la Bad Boys of Dance, une compagnie américaine dont c’est la première venue en France ont tous, vous l’aurez compris, une solide formation classique. Leur directeur et fondateur, Rasta Thomas, un jeune danseur américain de 29 ans, formé entre autres au Kirov, mais également passionné par le rock, les chansons de Michael Jackson et… les arts martiaux, décida un jour de mettre ses talents de danseur – il a remporté la médaille d’or junior au concours de Varna en 1996, la médaille d’or senior au concours international de ballet de Jackson et le prix spécial du jury au concours international de danse de Paris – au service des jeunes de sa génération. Aussi, après avoir dansé dans les compagnies les plus prestigieuses telles l’ABT, le Kirov, le Dance Theatre of Harlem, le Hartford Ballet ou le Victor Ullate Ballet of Spain,  fonde t’il sa compagnie en 2007. Avec, comme atout, des danseurs exceptionnels électrisés et électrisants, qui ont le diable au corps, une pêche d’enfer et le feu aux fesses ! Leurs performances sur scène sont d’ailleurs réellement époustouflantes…

Mais voilà ! le spectacle qui nous est présenté, une suite de 28 tableaux, pour la plupart des clips en grande partie sur de la pop music et du rock, amalgame tous les styles et tous les genres, de la danse classique à l’acrobatie en passant par la danse contemporaine, le hip-hop et la tap dance : un éclectisme qui, fâcheusement, nuit à son unité. Mais il y a plus grave : la difficulté extrême des variations, enchaînées comme les mouvements d’une horloge suisse, prive les interprètes de toute possibilité de faire passer une quelconque émotion. Seuls deux ou trois tableaux rompent la monotonie, en particulier la parodie, fort drôle d’ailleurs, sur Carmen et les poupées gonflables, le pathétique Ne me quitte pas de Jacques Brel et l’Improv Intro en ouverture de la seconde partie, pouvant évoquer une toile de Mondrian. Tous les autres tableaux sont construits de la même manière, dans un déferlement de décibels, une mise en scène un peu plate et une chorégraphie répétitive basée uniquement sur les rythmes et accents musicaux, et malheureusement sans grande originalité. Mais l’enthousiasme des interprètes, leurs performances et leur jeunesse eurent un effet électrisant sur les jeunes spectateurs. Un show de danse typiquement américain qui, ne pouvant faire l’unanimité en ralliant tous les publics, a au moins le mérite de ne laisser personne indifférent.

J.M. Gourreau

 

Rock the ballet

/ Rasta Thomas et la Bad Boys of Dance, Casino de Paris, jusqu’au 31 Octobre 2010.

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