Sara Baras, une flamme aussi ardente qu'impétueuse

Photo José-Luis Alvarez

Sara Baras :

 

 

 

 

Une flamme aussi ardente qu’impétueuse

 

Voilà un rendez-vous devenu désormais infaillible : cela fait en effet plus de 10 ans que Sara Baras nous offre une année sur deux un fabuleux spectacle pour les fêtes de Noël. Après sa Carmen  en 2007, elle nous propose aujourd’hui une nouvelle oeuvre, florilège d’extraits de ses meilleurs ballets. Et, disons le d’emblée, elle a comblé ce faisant les plus fervents aficionados du flamenco. Mais pas seulement. Car, n’en déplaise aux puristes, elle a également quitté un instant, grâce à une écriture plus contemporaine, le cadre un peu conventionnel dans lequel cet art restait confiné, conquérant un nouveau public.

Contrairement à son habitude, c’est à Paris et non à Madrid ou à Barcelone qu’elle a monté ce spectacle, qui sort, par certains de ses tableaux, des sentiers battus. A l’instar des grandes "ballerinas" espagnoles du passé, peut être plus d’ailleurs qu’elles, Sara Baras fait preuve d’un tempérament, d’une force de caractère à nulle autre pareille. Dès son entrée en scène, son aura capture les regards, avant même qu’elle n’ait commencé à danser. Figure emblématique du flamenco d’aujourd’hui, elle fascine par la force et la rapidité étonnante de son zapatéado, son gracieux braceo (jeu de bras) tout en courbes harmonieuses et, surtout, par ses déhanchements et cambrés d’une sensualité extrême. Par sa flamme, sa rage, son impétuosité aussi, lesquelles ne sont pas sans évoquer sa fameuse interprétation de la farucca d’Antonio Gadès…

Le spectacle, très éclectique, est composé de danses traditionnelles auxquelles sont fort judicieusement intercalées des pièces plus proches de la danse moderne, tant dans leur style que dans leur conception. Ainsi en est-il de Buleria, extrait de Mariana Pineda, dont la scénographie m’évoqua Tensile involvment de Nikolaïs ; de même, La Plaza, issue de Carmen, dansée sur deux niveaux, dans un style résolument plus contemporain. Mais il est vrai que ses interprètes, tant musiciens que danseurs, semblent plus à leur aise dans le répertoire traditionnel dans lequel ils excellent ! Et, là aussi, Sara Baras a su faire preuve d’originalité ne serait-ce, par exemple, que dans son introduction au spectacle qui m’évoqua certaines atmosphères chères à Leonor Fini.

Un fort belle représentation par conséquent mais qui pêche toutefois par une sonorisation trop forte, le son issu tant des micros placés au niveau du sol que des chanteurs étant, par moments, transformé en un brouhaha fort désagréable… Il est cependant bien facile d’y remédier !

 

J.M. Gourreau

 

A propos de Sara / Sara Baras, Théâtre des Champs-Elysées, Paris, Décembre 2009 – Janvier 2010.

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