Sébastien Ramirez / Monchichi / Un long fleuve tranquille

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Photo J.M. Gourreau

 

Sébastien Ramirez :

 

Un long fleuve tranquille

 

Les chorégraphes qui privilégient l’esthétisme à l’art de la danse proprement dite ne sont pas légion, particulièrement dans le domaine du hip-hop. Dès le début de Monchichi, le spectateur est frappé par l’atmosphère de calme et de paix qui règne sur le plateau : Monchichi étonne et fascine tout à la fois de par la sérénité qui s’en dégage, la douceur et la chaleur enveloppante de ses lumières, le dépouillement dans lequel évoluent les danseurs, un arbre effeuillé au sein duquel des lucioles multicolores vont trouver refuge. On nage en plein conte de fées et, pourtant, son « choréauteur », Sébastien Ramirez, est à l’origine un adepte de la culture hip-hop. Qui aurait cru que cet art, qui met en valeur la virtuosité de l’interprète, puisse servir des propos aussi empreints de rêve et de poésie ? Le sujet du ballet est cependant on ne peut plus banal : le choc des identités, des origines et des cultures. Car, si Sébastien est un bboy français de renom avec des racines catalanes et espagnoles, sa compagne, Hyun-Jung Wang, alias Honji, est quant à elle germano-coréenne ! Tous deux, d’ailleurs, ont choisi l’Allemagne pour patrie… Cela fait maintenant deux ans qu’ils développent ensemble un style qui tend vers le Tanztheater urbain, un art raffiné, épuré, créant un climat et une ambiance quasi surréels. La chorégraphie, qui tient bien sûr une part importante dans le spectacle, est d’une grande richesse, faisant appel à différents styles, au hip-hop panaché de danse contemporaine et, même, aux danses de salon. Les différents tableaux de la pièce, résultante de deux cultures, sont artistiquement amenés, nimbés de couleurs raffinées. Ils évoquent le parcours des deux interprètes, le chorégraphe et sa compagne, unis sur scène comme dans la vie. Instants captivants qui nous parlent d’amour et de tendresse mais aussi de moments plus sombres, entre autres des difficultés rencontrées sur leur chemin. Cela reste malgré tout une œuvre pleine de fraîcheur dans laquelle le spectateur pénètre sans difficulté aucune, retrouvant un univers zen dans lequel il aurait peut-être bien aimé se ressourcer.

J.M. Gourreau

 

Monchichi / Sébastien Ramirez, La Piscine, Châtenay-Malabry, 18 décembre 2012.

 

 

 

Sébastien Ramirez / Monchichi / Châtenay-Malabry / Décembre 2012

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