Sidi Larbi Chekaoui / Icon / Décevant

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Photos Mats Bäcker

 

 

Sidi larbi Cherkaoui :

Décevant

 

"L'Homme est capable tout à la fois de créer, détruire et faire renaître" dit Sidi Larbi Cherkaoui. Cette maxime est à la base de Icon, œuvre créée le 21 octobre 2016 à Göteborg avec les danseurs de cet Opéra.

Au début de sa création, les interrogations du chorégraphe portaient sur les concepts d'icône et d'iconoclasme. Les leaders religieux, les politiciens, les pop-stars, les modèles. We create them, reproduce them, worship them.Nous les créons, les reproduisons, les adorons. Comment et pourquoi leur octroyons nous du pouvoir, pourquoi avons-nous tendance à les briser, à les détruire, à profaner leur image par la suite ? "Il y a quelque chose à dire sur la façon dont nous avons besoin parfois de nos vies pour commencer une nouvelle phase en brisant les choses.It is fascinating for me to see how we as a society react to certain destructions. Il est fascinant pour moi de voir comment nous, en tant que société, réagissons à certaines destructions.Certain demolitions we find very painful to watch, and – strangely enough – at certain losses we feel almost euphoric, although actually they may be just as painful.” – Sidi Larbi Cherkaoui Envers certaines démolitions que nous trouvons très douloureuses et - étrangement - à certaines pertes, nous nous sentons presque euphoriques, même si elles peuvent être aussi pénibles," dit encore Cherkaoui. Ce qu'il a donc cherché à préciser et mettre en valeur à travers cette œuvre, c'est comment nous réagissons à certaines destructions, dans quel état psychologique nous nous retrouvons après. 

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Sur la scène, 3,5 tonnes d'argile (sic), en nappe, en plaques ou en figurines modelées par le sculpteur Antony Gormley que les danseurs de l'Opéra de Göteborg vont s'ingénier durant tout le spectacle à détruire et saccager pour les remodeler, les refaçonner sur leur propre corps sous les accents un peu monotones de chants et percussions traditionnels japonais et coréens. L’idée en soi était intéressante surtout si l’on se réfère aux multiples allusions sous-jacentes relatives à ce matériau, qu’elles soient religieuses ou profanes, la diversité et la malléabilité des religions entre autres. Mais ces allusions à certains personnages tels Mao Tsé-Toung, Madonna, Mandela voire même le pape ne sont pas très claires et ne viennent pas immédiatement à l’esprit, d’où la naissance d’un certain ennui qui rend le spectacle décevant malgré la fluidité de la danse, la chaleur et l’harmonie des couleurs sur le plateau. A noter toutefois l’originalité de la chorégraphie qui nous prouve à nouveau le talent de Cherkaoui et l’excellence des danseurs de sa troupe alliée à ceux de la compagnie de l’Opéra de Göteborg.

J.M. Gourreau

Icon / Sidi Larbi Cherkaoui, Grande Halle de la Villette, du 31 mai au 3 juin 2017

 
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