Spectacle de l'Ecole de Danse de l'Opéra de Paris

Spectacle de l’Ecole de danse :

 

Toujours un régal !

 

Les spectacles de l’Ecole de danse de l’Opéra sont toujours un régal, cette institution étant à la hauteur de sa réputation ; et si quelques uns de ses élèves seulement parviennent, faute de place, à entrer dans le corps de ballet, les autres se retrouvent bien souvent engagés, dès leur sortie de l’Ecole, dans les plus grandes compagnies chorégraphiques du monde. Aussi le spectacle annuel et les « Démonstrations » institués depuis de nombreuses années par Claude Bessy sont-ils très prisés !

Une innovation de taille attendait cette année les spectateurs : l’entrée au répertoire du spectacle de l’Ecole d’un ballet contemporain, la directrice actuelle, Elisabeth Platel, jugeant, à juste titre d’ailleurs, que l’avenir de ses jeunes élèves devait, au moins en partie, passer par la danse contemporaine. C’est la raison pour laquelle la soirée se terminait par une œuvre de Nils Christe, Symphonie en trois mouvements, sur la musique du même nom de Stravinsky, Ce ballet, déjà au répertoire du ballet de l’Opéra depuis 1984, s’avère d’une construction géométrique rigoureuse, ayant été élaboré pas à pas sur la partition, qu’il reflète d’ailleurs parfaitement. Œuvre un peu austère cependant mais parfaitement assimilée par nos jeunes danseurs qui lui ont communiqué beaucoup de chaleur.

La soirée s’ouvrait par un ballet plein de fraîcheur, Soir de fête de Léo Staats sur la musique de La source de Delibes. Une chorégraphie truffée de difficultés que certaines de nos jeunes émules ont eu du mal à surmonter. Fragilité et instabilité des équilibres donnaient parfois le frisson mais Marion Barbeau a fait preuve, dans sa variation, de beaucoup de grâce et de légèreté. 

La perfection était atteinte dans la seconde œuvre du programme, Les forains, que Roland Petit était venu en personne superviser. Un travail d’orfèvre en est résulté, tous les interprètes autant les uns que les autres étant à féliciter. Leur jeu plus vrai que nature, parfaitement assimilé, le cœur qu’ils mettaient à l’interpréter comme s’ils étaient réellement le personnage incarné donnaient à l’œuvre une dimension incommensurable.  

 

J.M. Gourreau

 

 

Symphonie en 3 mouvements / N. Christe ; Soir de fête / L. Staats ; Les Forains / R. Petit, Palais Garnier, Paris.

 

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