Sumako Koseki / E PUITS… et Puis ? / Le bonheur est éphémère

 

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 Photos J.M. Gourreau

  

Sumako Koseki :

 

Le bonheur est éphémère

  

Sumako Koseki occupe une place à part dans le monde du butô car elle a nourri cet art d’influences occidentales, fruit de ses rencontres avec des artistes de théâtre tels Jerzy Grotowski et Eugenio Barba mais, également par ses lectures des écrits de Georges Bataille et, surtout, d’Antonin Artaud, concepteur du « théâtre de la cruauté » : le but poursuivi  par cet écrivain était en effet d’arriver « à ce que tout ce qu'il y a d'obscur dans l'esprit, d'enfoui et d'irrévélé, se manifeste en une sorte de projection matérielle » sur la scène, de chercher à représenter quelques-uns des côtés étranges des constructions de l'inconscient. Pour lui, le spectacle devenait un acte de sacrifice, une offrande publique de ce que la majorité des gens préfèrent cacher. L’art de Sumako Koseki est directement inspiré par ces concepts. Elle ne raconte pas une histoire mais évoque seulement certains moments de la (sa) vie de façon très expressionniste, en en exacerbant leur intensité dramatique, en les faisant exploser le moment venu, comme un cri.

E PUITS… et puis ? qui a été créé dernièrement aux Hivernales d’Avignon est une pièce en deux parties, blanche puis noire. Dans la première, Sumako Koseki, dans une robe de tulle et de soie d’une blancheur éclatante, évoque la joie, le bonheur d’une femme lors de son mariage, l’espoir infini qui l’étreint, le rêve qui se réalise enfin. La félicité éclaire son visage et l’extase qui la gagne petit à petit rejaillit sur les spectateurs envoûtés. A cet instant, il me semblait revoir la béatitude et la douceur incommensurable qui se lisaient sur le visage de Kazuo Ohno lorsque La Argentina prenait possession de son âme. Rien d’autre n’existait alors que la beauté, la pureté et le bonheur.

Et puis ? Bien sûr tout cela ne peut durer. Le mariage est aussi un enfermement. Le retour sur terre, la rupture sont souvent brutaux. Les souffrances accentuent les traits, recroquevillant le corps sur lui-même. Le manteau rouge éclatant, symbole du bonheur, se désagrège peu à peu, laissant place au noir. C’est sur une très belle image que Sumako nous quittera, transformée en aviatrice dont le corps se dédoublera pour partir à la recherche d’un monde meilleur, d’un nouvel univers.

J.M. Gourreau

 

E PUITS… et Puis ? / Sumako Koseki, Espace Culturel Bertin Poirée, Paris, 29 et 30 juin 2012.

Sumako Koseki / E PUITS… et Puis ? / Espace culturel Bertin Poirée / Juin 2012

Commentaires (1)

1. La rédaction d'OrSériE (site web) 06/07/2012

Bonjour,

Nous venons de parcourir votre blog, Critiphotodanse, que nous avons beaucoup apprécié. Nous aimerions ainsi vous inviter à vous joindre à nous, et plus exactement à devenir rédacteur sur OrSériE, premier site participatif dédié aux actualités de beauté et bien-être, et bien sûr aux arts.

La particularité d’OrSérie est de permettre aux passionnés de tout bord par les thématiques de beauté, de faire part de leurs sensibilités dans leur domaine de prédilection.

A la lecture de vos écrits, nous sommes convaincus que de nombreux lecteurs d’OrSériE aimeraient vous connaître davantage, s’informer et tirer parti de votre expérience, de vos conseils et de vos réflexions sur les thématiques ayant trait à la culture.

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Dans l’attente de votre réaction, et bien cordialement,

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