Teresa Vittucci / Hate me, tender / Un ineffable parfum de scandale

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 Photos Yushiko Kusano

Teresa Vittucci :

Un ineffable parfum de scandale

 

Teresa vittucciOn lui aurait pourtant donné le Bon Dieu sans confession. Avec ses allures de matrone un tantinet rondouillarde - fort loin, il est vrai, des canons que l’on imagine être ceux d’une danseuse - et son assurance tranquille, endosser le personnage de la Vierge Marie, divinisée autant par les chrétiens du monde entier que par les musulmans, pour la déparer de ses attributs sacrés, de son innocence, de sa pureté…, et l’asservir, l’émanciper, tout en lui conférant un petit air sardonique, voire démoniaque, était carrément sacrilège, plus exactement, iconoclaste. En fait, cela ne nous étonne pas de la part de son auteure, Teresa Vittucci, artiste suisse d’origine autrichienne, quand on sait que ses deux précédents soli traitaient de sujets tout aussi tabous sur le même ton de la dérision: si Lunchtime, créé en 2015, évoquait la faim dans le monde, il développait aussi le thème du désir et de l’appétit sexuel… Et All eyes on (2017), celui de l’exhibitionnisme et du voyeurisme! Quant à Hate me, tender  (déteste-moi, mon cher), sous-titré Solo pour un féminisme du futur qui nous est donné à voir aujourd'hui et qui lui valut le Prix suisse de la danse en 2019, elle aborde les thèmes de la haine et du féminisme en prenant le contrepied de l’image que l’on se fait de la Vierge, une femme angélique, candide, adulée, à l’opposé de ce que l’on rencontre généralement dans la société d’aujourd’hui, souvent dominée par la haine et la vengeance.

En fait, de la part de cette artiste, tout n’est finalement que malice et rouerie délibérée. C’est dans un décor on ne peut plus dépouillé qu’elle nous livre son propos, puisqu’il n’y a sur le plateau qu’un grand vase, n’offrant à la vue qu’un bien maigre bouquet de fleurs blanches et quelques feuilles de roseau disposées en éventail.  A ses côtés, Teresa Vittucci git sur le sol, en talons hauts mais dans le plus simple appareil, le corps peinturluré d’une sorte d’arbre de vie, soulignant ou délimitant une musculature factice, en partie estompée par un voile en tulle, d’un rouge-orange criard évoquant le feu dévorant qui la consume petit à petit, dévoilant sa véritable personnalité, bien loin de celle que l’on imaginait chez le personnage dont elle a endossé l’apparence et qu’elle déconstruit petit à petit. Et, tout au long du spectacle, l’on se demande bien si c’est "de l’art ou du cochon"… Tout va d’ailleurs dans ce sens, jusqu’au texte susurré à voix basse "Ô vierge pure, réjouis-toi, épouse inépousée…" issu de l’hymne religieux Agni Parthene, chant grec composé par Saint Nectaire d’Egine au XIXe siècle, après avoir eu une vision de la Vierge alors qu’il était directeur de l’école de théologie Rizarios d’Athènes.

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Le premier moment de stupéfaction passé, on se laisse prendre au jeu tout en se demandant bien jusqu’où Teresa Vittucci va pouvoir pousser le bouchon. Naïveté candide ! Elle se met en effet en devoir de bousculer crûment les traditions et l’ordre établi, franchissant toutes les limites de la bienséance mais, toutefois, avec de louables intentions, celles de faire prendre conscience au monde, que la haine est sans doute le sentiment contagieux le plus odieux, le plus révoltant de la nature humaine. Provocation ? Certes, mais il fallait la faire, oser la faire. Au fond de tout être - et la femme en fait partie - il y a un démon qui sommeille, qui se réveille et émerge de temps à autre, mû par des pulsions incoercibles, se glissant sous la peau des féministes convaincues. Si tant est que cela puisse exister, la femme n’est pas uniquement la mater dolorosa décrite dans la Bible, symbole de la virginité, de l’innocence, de la résignation et du sacrifice. La mère de Dieu se doit "de remettre de l’ordre dans le chaos de ce monde et du chaos dans l’ordre", nous dit la chorégraphe. Et c’est en féministe émancipatrice, engagée et convaincue - et non en icône du christianisme - qu’elle se présente aujourd’hui devant son public, déconstruisant l’image de la pureté angélique féminine traditionnelle, quitte à réveiller un mort. Mais il faut bien de tout pour faire un monde… Ainsi va la vie !

 

J.M. Gourreau

 

Hate me, tender / Teresa Vtitucci, Centre Culturel Suisse à Paris, les 15 & 16 janvier 2020. Dans le cadre du Festival « Faits d’hiver ».

 

 

tender / Centre culturel suisse / Janvier 2020 Teresa Vittucci / Hate me

Commentaires (1)

Cindy
  • 1. Cindy | 22/01/2020
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