Thomas Hauert / Inaudible / L'âme de la musique dévoilée

Hauert t inaudible 24 june events cartoucherie 03 06 16Hauert t inaudible 13 june events cartoucherie 03 06 16Hauert t inaudible 18a june events cartoucherie 03 06Thomas Hauert:

L'âme de la musique dévoilée

 

Il faut être musicien dans l'âme pour parvenir à exprimer avec une force aussi poignante les idées et sentiments contenus dans une partition musicale, a en faire jaillir l'essence pour la transcrire par le geste. Il faut aussi être psychologue pour arriver à pénétrer aussi profondément les tréfonds de l'âme de son auteur. Dans Audible en effet, Thomas Hauert s'est appliqué à exprimer par la danse l'indicible, à savoir les pensées du compositeur, son humeur  et son état d'esprit lors de la composition de son œuvre. Comme le rappelle fort justement l'auteur (anonyme) du programme, "il renverse le principe du mickeymousing afin de laisser le mouvement suivre la musique au plus près". Le mickeymousing est en effet une technique sonore utilisée par les cinéastes de "movies" américains pour souligner un évènement du film par une bande son en étroite relation avec lui. Autrement dit, c'est une musique parfaitement synchronisée avec l'action. Thomas Hauert, lui, s'est servi de la danse pour renforcer l'expressivité de la musique, la rendre visible, la matérialiser. Le plus étonnant est qu'il soit parvenu à ce but non par intuition mais par la recherche et l'improvisation, d'où l'extraordinaire richesse et variété des mouvements, leur force étonnante et leur portée. Le tout dans un  climat ludique du plus merveilleux effet.

Hauert t inaudible 12 june events cartoucherie 03 06 16Hauert t inaudible 19a june events cartoucherie 4

 

 

 

Photos J.M. Gourreau

 

Dans Audible, deux types de musique diamétralement opposés ont été choisis pour illustrer cette recherche, d'une part, le Concerto en fa de Georges Gerschwin, d'autre part, Ludus de morte Regis du compositeur contemporain Mauro Lanza. La composition de cette dernière pièce, extrêmement complexe, a été décortiquée par le chorégraphe qui l'a fort judicieusement traduite, entre autres, par une sculpture géométrique en mouvement, sorte de cube modulable composé par les danseurs étroitement emmêlés, m'évoquant une Compression mouvante de César. A l'opposé, le Concerto en fa de Gerschwin est une œuvre extrêmement ludique que Thomas Hauert a littéralement disséquée - tout au moins, c'est l'impression que cela me donne - pour en magnifier par la danse la substantifique moelle. Chaque instrument est personnalisé et les figures et variations créées par le chorégraphe dépendent non seulement du contenu de la musique mais aussi de sa richesse et de son intensité émotionnelle. Les gestes des danseurs explicitent la musique et en portent en eux l'esprit.  Si bien que l'on pourrait penser que c'est le compositeur en train d'écrire sa partition que l'on a sous les yeux...

J.M. Gourreau

Inaudible / Thomas Hauert, Théâtre de l'Aquarium, 3 juin 2016, dans le cadre de la manifestation June Events.

 

 

Thomas Hauert / Inaudible / Cartoucherie de Vincennes / Juin 2016

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau