Tuur Marinus / Still animals /

dscn0062-1.jpgdscn0083-1.jpgTuur Marinus :

 

 Photos J.M. Gourreau

 


Peu concluant

 

L’idée de mettre en valeur les rouages qui régissent la mécanique corporelle humaine en décortiquant les divers enchaînements qui aboutissent à l’accomplissement d’un mouvement aurait pu être intéressante à plus d’un titre. Non sur le plan scientifique, à l’instar d’un Marey et de ses célèbres et étonnantes suites de clichés réalisées par son chronophotographe par exemple, mais plutôt sur celui de l’esthétique, en magnifiant et isolant de leurs contextes scénique et matériel des corps nus planant dans l’espace. Mais les enchaînements de poses stroboscopées que nous proposait le jeune chorégraphe et metteur en scène belge Tuur Marinus n’avaient pas l’effet hypnotique des images obtenues par ce physiologiste génial, précurseur du cinéma qu’était Etienne-Jules Marey. Les compositions sculpturales réalisées, celles évoquant des nageuses, voire une raie Manta se déplaçant en planant silencieusement dans l’onde ou, encore, l’envol d’un insecte, auraient ainsi pu produire un certain mystère, voire même de la magie si les porteurs de ces corps en suspension avaient pu se fondre dans l’obscurité, ne laissant apparaître au public que les silhouettes des sujets d’expérience… Malheureusement, la difficulté de réalisation de tels éclairages permettant la découpe des corps dans l’espace fit que ceux des manipulateurs ne purent quasiment jamais être gommés, dévoilant de ce fait les coulisses de l’exploit… Problème d’autant plus dommageable que ce qui aurait pu être de l’art ne devint que pure mécanique, à l’image des bielles d’une locomotive engendrant le mouvement de ses roues. Comme quoi une idée pourtant bien originale peut être réduite à néant rien que par de mauvais éclairages !

J.M. Gourreau

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 Chronophotographies d'Etienne-Jules Marey

 

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Photo Busy Rocks

Still animals / Tuur Marinus, Théâtre de la Cité Internationale, 28 février 2013, dans le cadre des Rendez-vous de danse d’Arcadi.

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