Volver a Sevilla / Maria Pagés, Théâtre National de Chaillot, Avril – Mai 2008.

Maria Pagés :

 

Un phénomène de grâce, de fougue  et de fierté

 

Il fallait la voir darder lascivement vers le ciel ses bras immenses en les enroulant l’un dans l’autre comme deux serpents ; il fallait la voir frapper rageusement le sol du talon pour affirmer sa force de caractère ; il fallait la voir onduler des hanches en minaudant pour séduire son amant fasciné… Dès son apparition sur scène, Maria Pagés a le don d’envoûter son public par sa seule présence, par son allure noble et altière, par sa passion et son charisme. C’est tout cela qui la différencie des autres.  Et aussi parce qu’elle est sévillane, tant dans son corps que dans son cœur. Jusqu’au bout des ongles. N’est-elle pas née dans le quartier gitan de Séville ? N’y a t’elle pas dansé dès l’âge de 4 ans ? N’y a t’elle pas séduit Manolo Marin, son professeur par son style, sa noblesse et son impétuosité ? Envoûté les plus grands de son art, Antonio Gadès, Rafaèl Aguilar ou Mario Maya par son emphase, sa prestance, sa voix toute en nuances, ses idées nouvelles, son modernisme ?

Lorsqu’elle crée sa propre compagnie et sa première pièce, Sol y sombra en 1990, c’est d’emblée le succès car elle alliait l’esthétisme contemporain à la tradition, le flamenco demeurant la base de son art. « Je suis curieuse de nature, dit-elle, tout m’intéresse. Je crois que ma danse est caractérisée par cette curiosité, cette ouverture d’esprit ». Et s’il s’est penché sur les racines du flamenco, son regard s’est aussi tourné vers d’autres arts, tels la peinture, la musique ou le cinéma, toutes disciplines qu’elle a petit à petit intégré à son art. C’est tout cela qui lui a valu d’être invitée à plusieurs reprises non seulement en France mais aussi en Italie, en Chine, en Sibérie ou aux USA avec sa propre compagnie.

 

                                                                                                                                                                 J.M. Gourreau

 

Volver a Sevilla / Maria Pagés, Théâtre National de Chaillot, Avril – Mai 2008.

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