Wayne McGregor / Atomos / Une danse aussi brillante qu'envoûtante

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Photos Ravi Deepres

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Wayne McGregor :

Une danse aussi brillante qu'envoûtante

 

Ce qui étonne chez le chorégraphe britannique Wayne Mc Gregor, c'est que ses œuvres - et Atomos n'échappe pas à la règle - ont l'étrange pouvoir de vous envoûter dès la première minute de leur présentation sur scène. Pourtant, elles ne sont généralement sous-tendues par aucun argument, tout au plus une idée directrice ou une ligne générale qui, bien souvent, ne vous vient plus à l'esprit lorsque vous êtes bien calé au fond de votre fauteuil. Atomos est en effet une pièce qui fascine par son intrinsèque beauté plastique et son lyrisme. Et pourtant, le chorégraphe, passionné par les nouvelles technologies, s'est aidé dans son élaboration d'un logiciel d'un genre nouveau intitulé Becoming, "sorte de danseur grandeur nature doté d’intelligence artificielle, capable de transformer les informations qui lui sont fournies en mouvements 3D avec lesquels les danseurs peuvent interagir". Il en résulte une œuvre certes géométrique et d'une architecture complexe composée de soli, de duos, de quatuors, voire de quintettes qui tantôt se succèdent, tantôt s'interpénètrent harmonieusement, sans jamais laisser la moindre minute de répit aux interprètes. Une danse inventive, étonnamment chaleureuse, lénifiante, sur une musique minimaliste répétitive de Dustin O'Halloran et Adam Wiltzi, A winged victory for the sullen, dans un décor géométrique style Vasarely du plus bel effet. ll faut cependant s'étonner qu'à certains moments Wayne McGregor ait surajouté à cette scénographie dont la beauté se suffisait à elle-même un décor vidéo en 3D conçu par Ravi Deepres dans le but vraisemblable d'adjoindre une nouvelle dimension au spectacle, ce qui eut à mon avis l'effet inverse de celui souhaité, surchargeant inutilement l'atmosphère de l'œuvre. Cette petite faute de goût mise à part, il faut reconnaître qu'il nous a été à nouveau donné d'assister à un remarquable ballet qui fait honneur tant au chorégraphe qu'à ses interprètes.

Il est d'ailleurs dommage de ne pas avoir plus souvent l'occasion de voir les œuvres de cet artiste sur les scènes françaises. Ce n'est pourtant pas faute d'un répertoire insuffisant puisque Wayne McGregor a composé plus d'une quarantaine de pièces depuis 1993, époque à laquelle il fêtait ses 23 printemps ! Or certaines de ses pièces sont aujourd'hui au répertoire des plus grandes compagnies au monde, qu'il s'agisse du Ballet de l'Opéra de Paris, du Bolchoï, du New York City Ballet, du San Francisco Ballet, du Ballet de Stuttgart, de l'Australian Ballet, du Royal Danish Ballet, du Ballet National du Canada et d'une bonne dizaine d'autres troupes de réputation internationale ! Qui d'autre, je vous le demande, pourrait se glorifier d'un tel palmarès ?

J.M. Gourreau

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Atomos / Wayne McGregor, Random Dance, Maison des arts de Créteil

Wayne McGregor / Atomos / Créteil / Janvier 2015

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