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Angelin Preljocaj / Roméo et Juliette / Pas une ride au bout de 20 ans...

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Photos J.C. Carbonne

 

Angelin Preljocaj:

Pas une ride au bout de 20 ans...

 

Roméo et Juliette est sans doute le plus beau ballet inspiré d'un conte que Preljocaj n’ait jamais réalisé. Cette œuvre fut créée en décembre 1990 par Le Lyon Opéra Ballet, à la demande de son directeur, Yorgos Loukos. A l'époque, l'histoire se déroulait dans une centrale d'arrêt délabrée sous le régime totalitaire d'un pays de l'est, et évoquait non une lutte entre deux clans ennemis, les Montaigu et les Capulet (lesquels, dans la tragédie de Shakespeare, sont de niveau social semblable) mais entre deux classes sociales rivales, l'une favorisée et puissante, sous la protection de la milice, l'autre misérable et exploitée, celle des va-nu-pieds et sans-abris. La pièce était servie par la scénographie grandiose et théâtrale du dessinateur de BD, Enki Bilal, laquelle lui conférait une dimension politique d'une puissance étonnante tout en conservant intacte l'histoire d'amour impossible entre les deux amants de Vérone. Mais dans cette nouvelle version, Juliette est la fille d'un tyran oppresseur, alors que Roméo et ses amis sont de joyeux drilles, lurons sans foi ni loi. Outre la passion qui les étreint, chacun des deux amants aspire à ce que possède l’autre, la liberté sous toutes ses formes pour Juliette, la notoriété et la richesse pour Roméo. Ce qui démultiplie leurs affinités et décuple les forces de l’amour.

04romeo et juliette jean claude carbonne03 romeo et juliette jean claude carbonneRomeo et juliette 04 jc carbonneL'importance scénique de cette production incita Angelin Preljocaj à la réadapter pour son ballet en 1996 lors de son arrivée au CCN d'Aix en Provence. La scénographie fut entièrement réactualisée et condensée, conférant de ce fait une force beaucoup plus grande à l'œuvre. Il est évident que le chorégraphe a été fortement bouleversé par les guerres qui ont traversé sa patrie d’origine, l'Albanie, marquée par l'influence militaire de l'Italie fasciste de Mussolini : ce pays ne parvint à s'en sortir qu'à l'issue de la seconde guerre mondiale. La chorégraphie, à quelques détails près, est restée identique à celle de la création. Une chorégraphie d'une puissance étonnante, très enlevée, admirablement servie par la partition de Prokofiev et, surtout, magistralement interprétée par des danseurs rompus aux difficultés dont elle est truffée. Sauts vertigineux, tours en l'air, combats athlétiques, faits d'armes et courses éperdues se succèdent en effet à une cadence étourdissante, quasi-insoutenable, et sont exécutés avec une précision diabolique et un ensemble absolument parfait. Il en est de même du jeu des deux personnages-clé de l’œuvre, Juliette et Roméo, dont la fraîcheur, le naturel, la tendresse et l’entrain, outre leur virtuosité, vous coupent le souffle. Le réalisme des scènes est lui aussi saisissant, la violence, la bestialité et le sadisme dont la milice est animée étant, quant à elles, d’un réalisme poignant difficilement supportable.

Voilà une œuvre fétiche de la compagnie qui, à l’issue de ses vingt ans d'existence, n’a pas pris une ride…

J.M. Gourreau

Roméo et Juliette / Angelin Preljocaj, Théâtre National de la Danse – Chaillot, du 16 au 24 décembre 2016.

Clément Debailleul & Raphaël Navarro / Wade in the water / Aux confins du naturel et du surnaturel

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Photos Clément Debailleul

 

 

Clément Debailleul et Raphaël Navarro:

Aux confins du naturel et du surnaturel

 

Chronique d'une mort annoncée, Wade in the water (entrer dans l'eau) nous convie au voyage intérieur d'un homme auquel les médecins ne donnent plus d'espoir. Ses états, ses angoisses, ses réflexions, ses illusions, ses luttes, sa résignation sont évoquées certes par le truchement du théâtre et de la danse mais aussi, et surtout, par la magie. Un voyage onirique porté par le célèbre chant de révolte éponyme des esclaves noirs américains, bouleversant négrospiritual appelant à la fraternité et à la libération, et par la poignante musique du trompettiste-compositeur Ibrahim Malouf.

La prestation d’Aragorn Boulanger, interprète de ce personnage qui pourrait être chacun d’entre nous, est étonnante à plus d’un titre, tout d’abord parce que cet artiste parvient à lui seul par ses attitudes à créer d’entrée de jeu un climat dérangeant, plein de sous-entendus, qui met le spectateur mal à l’aise, celui-ci redoutant ce passage vers la mort et ayant peur du jour où il se retrouvera dans la même situation. Mais également par les effets réellement magiques d’apesanteur et de lévitation qu’il crée (avec le concours de 7 manipulateurs tout de même !) : un résultat saisissant qui, à bien y réfléchir, n’est pas si loin de celui dans lequel pourrait se trouver un être éthéré qui s’est adonné à la drogue ou la boisson pour oublier son état. Son histoire est très lisible et magnifiquement évoquée, les deux autres acteurs, Ingrid Estarque et Marco Bataille-Testu, alias les parents de ce jeune homme, incarnant des personnages on ne peut plus crédibles. Le temps et l’espace sont abolis. Les effets d’apesanteur, chutes et envols au ralenti, fragmentation et disparition des corps sont aussi percutants que déroutants et perturbent nos sens.

Clément Debailleul et Raphaël Navarro, fondateurs de la Cie 14:20, sont les pionniers du mouvement artistique de la Magie nouvelle. On les avait déjà vus au Cent quatre-Paris en 2011 avec Notte dans le cadre de la première édition du festival C’MAGIC puis à Chaillot en 2012 avec Vibrations. Ce nouveau spectacle, nourri des travaux de la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross sur les différents états par lesquels passe une personne qui apprend sa mort prochaine, conforte la magie comme « un langage autonome où le réel et son dépassement sont placés au centre des enjeux artistiques ».

J.M. Gourreau

Wade in the water / Clément Debailleul & Raphaël Navarro, Compagnie 14:20, Centquatre-Paris, du 13 au 24 décembre 2016.

Philippe Jamet / Avant le ciel / La vie a t'elle un sens ?

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Philippe Jamet :

La vie a t'elle un sens ?

 

"M'obliger à aller vers les autres me fait du bien". Ces quelques mots de Philippe Jamet sont la clé de son nouveau spectacle, Avant le ciel. Les autres: il les a rencontrés aux quatre coins de la France, il ne leur a posé qu'une question: Qu'est ce qui est important, intimement parlant, pour vous aujourd'hui avant de rejoindre le ciel et comment l'exprimeriez-vous avec votre corps? Un préalable toutefois, celui d'évaluer son existence, avec ses frustrations et ses regrets mais aussi avec tout ce qu'elle a pu apporter de bien-être, de bonheur, de chaleur, de joie... Vidéaste autant que chorégraphe, Philippe Jamet a tenté d'obtenir une réponse à cette question d'abord par l'image avant de la traduire par la danse, avec ses propres danseurs. C'est ainsi qu'il a rencontré une quinzaine de personnes de tous âges et de tous milieux, les mettant en confiance pour filmer leurs réactions à froid, dans l'instant présent. Ces fragments spontanés de vie une fois assemblés devaient permettre au chorégraphe de faire partager aux spectateurs, par le truchement d’un film, ces instants fugitifs de réflexion sur leurs attentes, si diversifiées soient-elles, et les buts de l'existence. Il s’agissait moins de dresser un portrait de la société d’aujourd’hui que d’une envie, voire d’un besoin de faire partager les interrogations, les appréhensions, les besoins que d’aucuns portent sur leur avenir dans une société en perpétuelle mutation.

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Photos J.M. Gourreau

 

Mettre en parallèle l’image et le mouvement était en soi une bonne idée, le film devant révéler la diversité du monde qui nous entoure. Mais voilà : aussi divers que puissent être les personnages interviewés, la majorité d’entre eux ne s’était jamais posé au préalable la question de son devenir, ni même ne s’était penché sur son passé, à l’exception bien évidemment de ceux qui en avaient souffert et qui étaient dans l’attente d’un monde meilleur. D’où leurs hésitations devant la caméra, tant dans leur prise de parole que dans la mise en œuvre d’une gestuelle signifiante en réponse à leurs attentes de la vie aujourd’hui. La plupart d’entre eux répondait de la même façon d’une manière gauche, peu naturelle, et il n’était pas indispensable de présenter, même de façon rapide, le portrait d’une quinzaine de personnes, si ce n’est pour montrer que les réactions et préoccupations étaient identiques dans la majorité des cas.

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Il en allait fort heureusement tout autrement dans la seconde partie du spectacle, dans laquelle Philippe Jamet avait « digéré » pour ses cinq danseurs les pensées et interrogations des sujets interviewés : "comment rester dans le désir ? Dois-je au contraire l’écarter ? Je me sens à l’heure du bilan, j’ai sûrement raté quelque chose, aurais-je pu vivre autrement ? On vit toujours dans l’urgence et on ramène toujours tout à soi-même"… Ce sont finalement les notions les plus prégnantes de l’existence qui se sont avérées les mieux exprimées par la danse, entre autres la solitude, l’amour et le besoin de l’autre, la joie de se retrouver ensemble dans le partage et la fraternité. Philippe Jamet est un être d’un très grand charisme et d’une non moins grande bonté. Il aime les gens et, à l’instar d’un sociologue, se plaît à interroger l’individu en profondeur, peut-être pour présenter les différentes voies qu'il était encore possible d'explorer et qui donnent un sens à la vie. Ses danseurs s'y sont engouffrés dans l'urgence, avec verve, naturel et brio, offrant au public un spectacle chaleureux et haut en couleurs.

J.M. Gourreau

Avant le ciel / Philippe Jamet, CDC Atelier de Paris-Carolyn - Carlson, du 14 au 16 décembre 2016.

Jamet p avant le ciel 21 atelier carolyn carlson 14 12 16Prochaine représentation : le 25 janvier 2017 au Festival  CDC Art Danse Dijon Bourgogne.

Jean-Guillaume Bart / La Belle au bois dormant / Yacobson Ballet

                                                                                                                

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                      Photo M. Logvinov                                                                                                                                           Photo Jacobson Ballet

Jean-Guillaume Bart:

Une splendide compagnie de ballets de caractère

 

Voilà une version de La Belle au bois dormant par le Yacobson Ballet de Saint-Pétersbourg qui évoque de très près celle de Marius Petipa, créée précisément le 15 janvier 1890 dans cette même ville au Théâtre Mariinsky (l'actuel Kirov)! Depuis cette date en effet, ce chef d'œuvre du romantisme en un prologue, trois actes et cinq tableaux, inspiré de Charles Perrault et des frères Grimm, est le plus long et, peut-être aussi, le plus populaire des ballets de Tchaïkovski. Il a connu de nombreuses versions qui se sont complexifiées au cours du temps, entre autres celles d'Alicia Alonso, de Rosella Hightower, d'Alexei Ratmansky et, surtout, de Noureev - lequel d'ailleurs en aura conçu lui-même quatre - ce pour ne citer que les plus renommées.

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Photos Yacobson Ballet

 

 

Tout comme Alexei Ratmansky, Jean-Guillaume Bart, qui connait particulièrement bien cette œuvre pour avoir obtenu le titre de danseur-étoile le 5 janvier 2000 à la suite de son interprétation du rôle du prince Désiré (version Noureev) sur la scène de l'Opéra de Paris, a cherché à se rapprocher le plus possible de la version originelle de Marius Petipa, lui permettant de retrouver son rythme et son panache, tout en en gommant en partie les prouesses techniques rajoutées ultérieurement. Si les fervents balletomanes qui les attendent toujours avec une impatience non dissimulée peuvent s'en trouver frustrés, il faut dire que la lecture de cette version, créée en octobre dernier, s'est trouvée très nettement améliorée, d'autant que le chorégraphe y a rétabli les coupures faites par le passé et s'est autorisé à donner davantage d'importance au rôle du Prince Désiré. Il lui a également adjoint un pré-prologue, mettant en scène la fée Carabosse et le roi, favorisant de ce fait la compréhension de la colère de cette sorcière (mais non de sa méchanceté) à l'égard du couple princier.

Ce n'est pas le premier ballet du répertoire classique auquel Jean-Guillaume Bart s'intéresse de près: en effet, il réalise ses premières chorégraphies dès 1997 tout en poursuivant sa carrière de danseur, à laquelle il met fin en 2008 à l'âge de 36 ans pour devenir professeur au Palais Garnier. Trois ans plus tard, il remonte pour ce même Ballet de l'Opéra La Source, une œuvre d'Arthur Saint-Léon sur des musiques de Delibes et de Minkus, suivant ainsi avec beaucoup de bonheur les traces de Pierre Lacotte: créé en 1866, ce ballet glorifiant la nature était en effet passé dans les oubliettes de la danse 10 ans après son avènement sur la scène de l'Opéra de Paris.

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Photos Yacobson Ballet

 

 

Cette Belle au bois dormant, est une commande du Yacobson Ballet comportant 75 danseurs sous la houlette d'Andrian Fadeev: celui-ci s'est donné pour tâche de reprendre, en les dépoussiérant, les ballets romantiques du répertoire. Opposant le bien au mal, cette œuvre s'avère d'une lisibilité absolument parfaite du début jusqu'à la fin; elle est magistralement interprétée, par les danseurs masculins tout particulièrement, ceux-ci s'avérant nobles et racés. Les danseuses quant à elles se font remarquer par leur précision, la perfection de leurs ensembles et leur maintien mais elles manquent toutefois d'un peu d'âme. Il faut également louer la beauté des décors romantiques à souhait signés Olga Shaishmelashvili, parfaitement adaptés à ce ballet. Une remarque cependant, la présence au 3ème acte de guirlandes multicolores au plafond de la salle du palais, celles-ci détruisant l'harmonie et la sobriété des colonnades style renaissance italienne de la salle du palais princier. Une petite faute de goût qui n'enlève toutefois rien à la magie et à la beauté de ce spectacle.

J.M. Gourreau

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Photo M. Logvinov

La Belle au bois dormant / Jean-Guillaume Bart, Yacobson Ballet de Saint-Pétersbourg, Opéra de Massy, du 9 au 11 décembre 2016 et Théâtre de Saint Quentin en Yvelines, du 15 au 17 décembre 2016.

Luigia Riva / Innesti / Elephant men

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Photos Stéphane Bellocq

 

 

Luigia Riva:

Elephant men

 

Elephant man joseph merrickOn ne peut s'empêcher de penser, en voyant les quatre danseurs de Luigia Riva, à Joseph Carey Merrick, alias Elephant man, ce britannique né à Leicester en 1862 qui vécut durant l'ère victorienne et fut présenté comme phénomène de foire. Une légende colportée par lui-même veut que, lors d'une parade de la ménagerie Wombwell dans les rues de Leicester, sa mère, Mary Jane Merrick, alors enceinte, trébuche et manque de se faire piétiner par un éléphant. Joseph Merrick attribua à cet incident la cause de ses malformations. En fait, celui-ci souffrait d'une maladie neurologique congénitale très rare appelée syndrome de Protée, laquelle se manifeste par une croissance asymétrique des membres, des anomalies vertébrales et un développement asymétrique des muscles et des os. Cette affection est assez proche de la Maladie de von Recklinghausen ou neurofibromatose de type 1, quant à elle plus courante, et qui se traduit par la présence de tumeurs de taille très variable en différents endroits du corps, certaines d'entre elles pouvant être très volumineuses.

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Les quatre danseurs munis de leurs prothèses que nous présente Luigia Riva dans Innesti sont la copie conforme de malades atteints de neurofibromatose. Il est vrai, comme elle le souligne, qu'ils "remuent nos inconscients en profondeur" mais vraisemblablement pas dans le sens où elle l'entend, à savoir la représentation "d'archétypes masculins comme le guerrier, le gladiateur, le super-héros et le sportif". Et de poursuivre: "Ces ajouts, qui semblent d'abord synonymes de puissance, les fragilisent énormément". Psychologiquement peut-être car ces hommes s'avèrent différents du commun des mortels mais physiquement, je ne le pense pas vraiment.  En effet, les malades atteints de neurofibromatose se sont parfaitement bien adaptés à leur condition et se sont généralement bien intégrés à la société. La véritable motivation de la chorégraphe serait plutôt ailleurs, à savoir celle "d'expérimenter, les réactions du corps vis-à-vis de la contrainte, et de voir comment ce corps est capable de se réorganiser et de trouver des solutions" face à ces difformités. Recherche certes louable mais fallait-il la mettre en scène et faire partager son expérience avec le public ?

Neurofibromatose 01Neurofibromatose 02Syndrome de protee 02                       Neurofibromatose                                                       Syndrome de Protée                                                      Neurofibromatose

Vu sous cet angle, le spectacle qu’elle nous donne à voir présente malgré tout un certain intérêt mais sa durée d’une heure et quart est rédhibitoire. Il débute dans la pénombre, une masse difforme de corps enchevêtrés se déplaçant longuement en rampant, roulant, se tordant et se retournant dans une lumière rougeoyante, sous les accents de craquements et de chutes de pierres. Au fur et à mesure que l’obscurité se dissipe, on distingue quatre corps boudinés, affreusement déformés qui s’individualisent et entament au ralenti une série d’exercices d’étirements et d’assouplissements, pas vraiment originaux ni passionnants. Des simulacres de lutte tête contre tête et combats singuliers, des jeux de construction à partir de corps qui s’emmêlent et se démêlent, se nouent et se dénouent viennent rompre la monotonie. Mais le spectacle est linéaire et, peu à peu, l’ennui gagne le public qui n’aura pas saisi les motivations de la chorégraphe.

J.M. Gourreau

Innesti / Luigia Riva, Théâtre de la danse, Chaillot, du 1er au 10 décembre 2016.

Akram Khan / Until the lions / Sauvage et inquiétant

Akram Khan:

Sauvage et inquiétant

 

BhishmaAkram Khan n'a pas usurpé sa réputation: sa dernière création, Until the lions, est une œuvre qui tient le spectateur en haleine jusqu'à son issue. La trame de l'histoire est tirée d'un conte du Mahabharata, grand poème épique de la mythologie  hindoue datant des derniers siècles avant J.-C. qui a baigné l'enfance du chorégraphe. Créé à Londres en janvier dernier, Until the lions évoque l'histoire d'Amba, fille du roi de Kashi, enlevée le jour de son mariage avec ses deux autres sœurs, par Bhîshma, un guerrier redoutable, fils du roi Kuru. Celui-ci souhaite en effet les donner comme épouses à son demi-frère Shalva. Ce dernier, apprenant qu'Amba était déjà mariée, la répudie. Blessée et humiliée, Amba invoque le dieu Shiva qui lui promet qu'elle parviendra à vaincre Bhîshma, mais dans une autre vie. Amba se suicide alors par le feu et renaît sous la forme d'un homme, Shikhandi qui parviendra, avec l'aide de son double (son âme) Arjuna, à tuer Bhîshma, sous l’égide d’une tête de mort fichée sur un bâton, une avalanche de flèches déferlant sur la scène.

Voilà une œuvre qui s’avère remarquable par sa lisibilité (il faut toutefois avoir lu le programme avant la représentation…), sa chorégraphie originale et puissante et son éblouissante interprétation par Ching-Ying Chien, Christine Joy Ritter et Akram Khan lui-même.  Mais c’est surtout la conception scénographique de Tim Yip qui est fascinante de par son approche et son inventivité. La collaboration de ce décorateur et costumier chinois avec Akram Khan n’est pas nouvelle puisqu’on lui doit également les décors de Desh (voir l’analyse de ce spectacle dans ces mêmes colonnes). Pour Until the lions, Tim Yip a imaginé un plateau circulaire évoquant la coupe horizontale et fissurée du tronc d’un arbre immense avec ses cernes de croissance, sur lequel vont évoluer les danseurs, plateau qui, au cours des évènements, va se fendre puis se soulever en divers endroits tout comme la coupe d’un tronc en train de sécher. Ce qui est d’ailleurs la réalité puisque du feu couve à l’instar d’un volcan au dessous de ce tronc géant, laissant échapper ses fumerolles par les fentes qui s’entrouvrent. L’effet est saisissant.

Cela dit, quatre musiciens et chanteurs rythment les affrontements, combats, courses désespérées et duos sauvages mâtinés de kathak comme seul Akram Khan sait en concocter. Si la gestuelle de ce dernier, alias Bhîshma, avec ses tours vrillés est vigoureuse et empreinte d’une violence sourde mais contenue, celle de Ching-Ying Chien qui incarne Amba est en revanche simiesque et primitive, reflétant l’attitude d’une femme soumise mais révoltée intérieurement, ressassant sans fin sa colère et son ardent désir de vengeance. Bref, une chorégraphie puissante qui fait honneur à son auteur.

J.M. Gourreau

Until the lions / Akram Khan, Grande Halle de la Villette, Paris, du 5 au 17 décembre 2016.

 

Bakst, des Ballets russes à la haute couture / M. Auclair, S. Barbedette & S. Barsacq / Albin Michel / Novembre 2016

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            Costume pour le Dieu bleu                                   Costume de la Belle au bois dormant                                  Costume d'Ida Rubinstein pour Salomé

Bakst, des Ballets russes à la haute couture 

Par Mathias Auclair, Sarah Barbedette & Stéphane Barsacq, avec la contribution de Marina Egidi, Laurent Guido, Stéphane Tralongo et Christiane Rancé, 192 pages, 85 illustrations en couleurs et 28 en N &B, 22 x 27 cm, relié, éd. Albin Michel, Paris, Novembre 2016, 39 €.

ISBN: 978-2263-2152-7.

 

Tous les ballétomanes connaissent Léon Bakst (1866-1924) pour ses splendides costumes et décors dans de nombreux ballets de Diaghilev. En fait, ce n'est qu'une des nombreuses facettes de son immense talent. Savent-ils par exemple que ce décorateur a contribué non seulement à révolutionner l'art du ballet mais qu'il était aussi virtuose dans la peinture et les arts décoratifs que dans la haute couture ? C'est à l'occasion du 150ème anniversaire de sa naissance que l'Opéra national de Paris et la Bibliothèque nationale de France se sont associés pour fêter le talent de cet artiste par une splendide exposition à la bibliothèque du Palais Garnier-musée de l'Opéra* et par un ouvrage de référence servant aussi de catalogue à cette exposition. Cet ouvrage se veut un portrait exhaustif de ce peintre qui a formé Chagall, influencé Bérard ou Marie Laurencin et qui fut l'ami de Picasso, Matisse et Modigliani dans le domaine de la peinture, Debussy et Ravel dans celui de la musique, Cocteau, Proust et Nabokov dans celui de la littérature.

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Les 7 anneaux pour La Belle au bois dormant                                              Portrait de Cocteau                                                      Projet de chapeau pour Misia Sert

L'œuvre de Bakst qui a révolutionné toute son époque, inspire encore de nos jours de grands couturiers comme Yves Saint-Laurent - celui-ci s'est en effet référé à Shéhérazade, à Salomé et au Dieu bleu pour sa collection printemps-été 1991 - ou Karl Lagerfeld pour sa collection printemps-été 1994. Selon Jean-Louis Vaudoyer, Bakst a influencé "non seulement le décor de théâtre mais l'ameublement, la toilette, le bibelot, l'article de Paris"... Dans le Figaro du 28 juillet 1916, on pouvait lire: "Il n'est plus un hôtel chic à New York qui n'ait son salon à la Bakst"... C'est tout ce parcours fourmillant d'anecdotes plus truculentes les unes que les autres qui constituera, pour ceux qui n'auront pas eu l'heur de voir l'exposition qui lui est consacrée, un magnifique cadeau pour le fêtes de fin d'année.

J.M.G.

*Bibliothèque-musée de l'Opéra de Paris,

Julien Lestel / Le Sacre du printemps / Un sacre tribal

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Le Sacre du printemps / J. Lestel

Photos Lucien Sanchez

 

 

Julien Lestel :

Un sacre tribal

 

Existe t-il un chorégraphe qui n'ait pas été un jour ou l’autre irrésistiblement attiré par la musique du Sacre du printemps d’Igor Stravinsky ? Si l'on répertorie plus d’une cinquantaine de pièces chorégraphiques sur cette partition, seules quelques unes resteront dans les annales de la danse. Celle de Julien Lestel est de celles-là. Créée à Nouméa en 2012, cette version du Sacre doit son intérêt et sa notoriété au fait qu’elle tire son origine non de la Russie païenne mais de la culture mélanésienne Kanak, tout en respectant l’atmosphère primitive de la création originelle de 1913. Comme elle, ce cérémonial comporte deux parties, la première étant une suite de scènes incantatoires et de jeux rituels pour aboutir, dans la seconde, à une danse sacrale à l’issue de laquelle l’élue sera livrée aux dieux.

Cette œuvre est en fait une commande du centre Tjibaou de Nouméa qui associe des danseurs de sa compagnie à des danseurs locaux Kanaks. En effet, Julien Lestel, grand admirateur de leur culture, a été conquis par le rapport que ces tribus entretiennent dans leurs danses traditionnelles avec le sol, "leur puissance, leur générosité et ce respect de la terre qui les caractérise". Et c'est avec beaucoup de bonheur qu'il s'est inspiré de leurs rites et de leurs traditions pour composer une danse tribale sauvage d'une très grande force et ce, non s'en s'être formé longuement au préalable auprès de ces danseurs calédoniens : "ce fut une expérience surprenante au départ, dit-il car, avant qu'ils ne m'acceptent, j'ai dû me familiariser avec leurs coutumes et réaliser un rituel d'initiation devant le chef de la tribu". Le résultat est fascinant et on y retrouve les préceptes chers à ce chorégraphe, "des mouvements fluides sans retenue, mais aussi des mouvements brisés où, dans les ruptures de rythme, se conjuguent force et douceur, aspérité et harmonie, laissant transparaître une sincérité et une intimité puisée au plus profond de soi. Là, l’interprète met son âme à nu en poussant ses limites toujours plus loin et la performance technique, toujours présente, trouve son véritable sens dans une virtuosité contrôlée". Dans la première partie de l'œuvre, 7 danseurs, accompagnés de vociférations et cris d'animaux, enchaînent des variations d'une force incommensurable dont l'écriture est directement issue des rythmes et de la gestuelle rituelle traditionnelle. Un grouillement d'êtres primitifs qui rampent comme des larves à la surface du sol nourricier en suivant leurs instincts et leurs pulsions dans une atmosphère feutrée. La seconde partie, plus rituelle, conduira au choix de l'élue et  à son sacrifice aux dieux. Un moment aussi sauvage qu'émouvant.

Fragments j lestel 01Fragments j lestel 02Les ames freres j lestel 1                               Fragments / J. Lestel                                                Les âmes frères / J. Lestel                                               Fragments / J. Lestel

Trois autres courtes pièces complétaient ce programme, Fragments, un ballet abstrait sur une musique de Max Richter (2012), un extrait des Âmes frères sur des partitions de Art Zoyd & Phil. Glass (2007), et Le Faune, une courte pièce de 2015. Si cette œuvre emprunte à Debussy la partition du Prélude à l'après-midi d'un faune, la chorégraphie en revanche n'a rien en commun avec celle de Nijinsky. Il s'agit en fait d'un duo tout en courbes et arabesques dont l'atmosphère reflète celle du poème de Stéphane Mallarmé mais qui évoque un faune sensuel, emporté et fougueux dont les sentiments, désir et passion, sont réveillés par une ardente nymphe, émule d'Eros.

C'est cependant le duo Les âmes frères qui m'a tout particulièrement séduit par l'émotion, la chaleur, la profondeur et la sincérité qui se dégagent de ce couple d'hommes unis par une amitié indéfectible. Première pièce de la compagnie, ce duo néoclassique fluide, dynamique et puissant tout à la fois, évoque la rencontre et l'amitié sans failles unissant Gilles Porte à son concepteur, Julien Lestel lui-même. Il révèle un chorégraphe d'une très grande générosité et d'une non moins grande sensibilité, qualités que l'on retrouvera d'ailleurs au travers de toute son œuvre.

J.M. Gourreau

Le Sacre du printemps, Fragments, Les âmes frères & Le Faune / Julien Lestel, Opéra de Massy, 30 novembre 2016.

 

Abou Lagraa / Le Cantique des cantiques / L'amour en question

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Le Cantique des cantiques / Abou Lagraa

Photos Dan Aucante

 

Abou Lagraa :

L'amour en question

 

Mini livre cantique des cantiquesDes danseurs exceptionnels, une chorégraphie théâtrale et signifiante fort agréable au regard mais, au final, un ballet confus dont on saisit mal l'essence et bien difficile à déchiffrer... Le cantique des cantiques, œuvre d'un moraliste du 3ème siècle avant notre ère qui a servi de base à la création éponyme d'Abou Lagraa, pourrait être, selon Rabbi Akiva, une déclaration symbolique de l'amour entre Dieu et son peuple, Israël. Une idée qui a séduit à la fois le chorégraphe et le metteur en scène, Mikaël Serre, lesquels ont tenté d'en élargir les questionnements "en confrontant le texte à nos problématiques actuelles, face aux intolérances, aux contradictions, à toutes les formes d'hypocrisie de nos sociétés quand il s'agit d'amour".

L'idée en soi était intéressante et fort louable car il s'agissait en fait de décliner l'amour sous toutes ses facettes et toutes ses formes, avec ses dérives, ses paradoxes et ses antagonismes. Si certains tableaux se sont avérés très lisibles tels l'amour sensuel, l'amour fusionnel, l'amour lesbien ou l'amour conflictuel, d'autres en revanche - je pense à ceux dépassant les frontières du couple pour s'élargir et devenir une doctrine adressée non aux individus mais à un peuple dans son entier - du fait de leur interférence avec les premiers, n'étaient pas toujours bien amenés et engendraient une certaine confusion dans l'esprit du spectateur. Un découpage plus précis et des liens plus étroits auraient sans doute bien arrangé les choses... Cela dit, l'expression des sentiments évoqués par le chorégraphe dans ces chants d'amour alternés entre une femme et un homme (ou même entre plusieurs couples) et qui prennent à témoin d'autres personnages en arrière plan ainsi que des éléments de la nature, arbres et roseaux, ont été magistralement dépeints. Il faut dire que cette suite de poèmes, bien que profanes et "incandescents", constitue l'un des livres les plus poétiques de La Bible, de l'Ancien Testament plus exactement. Des fragments de ces chants ont d'ailleurs été déclamés en alternance avec la partition musicale d'Olivier Innocenti.

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Ils sont huit sur scène, trois danseuses, trois danseurs et deux comédiennes, en parfaite harmonie gestuelle, évoluant dans de splendides paysages évoquant Jérusalem, la Palestine ou Israël. Leur danse, teintée d'érotisme et de violence, est sophistiquée mais expressive et précise, charnelle et sensuelle. Comme à son habitude, Abou Lagraa nous livre son regard sur la condition humaine sans tabou et avec un grand réalisme. Mais là où le bât blesse, c'est qu'il a voulu rendre cet amour universel: une dérive qui l'a entraîné à évoquer, aussi bien par le texte que par la danse, les guerres de religion, les inégalités sociales, le droit des migrants et, par la musique, la destruction de Palmyre par Daesh... Qui trop embrasse mal étreint, dit le proverbe... Dommage car trop, c'est trop !

J.M. Gourreau

Le Cantique des cantiques / Abou Lagraa, Théâtre National de la Danse Chaillot, du 30 novembre au 3 décembre 2016.

 

Angelin Preljocaj / La fresque / La fille aux cheveux de rêve

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Photos J.C. Carbonne

Angelin Preljocaj:

La fille aux cheveux de rêve

 

Angelin Preljocaj est un merveilleux conteur. Les histoires qu'il nous narre par le menu, que ce soit Roméo et Juliette, l’Anoure, Blanche Neige, Sidharta ou La Fresque, sa dernière création, sont toujours d'une lisibilité et d’une clarté telles que le spectateur n'ait aucun mal à s'y insérer, à les vivre ou les revivre. La Fresque s’inspire d’un conte chinois, La peinture sur le mur, qui évoque les péripéties de deux voyageurs, Chu et Meng, qui, pour fuir la tempête qui éclate, se réfugient dans un petit temple qu'ils croisent sur leur chemin. Le maître de céans, un vieux moine, les conduit chemin faisant devant une somptueuse fresque représentant cinq jeunes filles dans un bosquet de pins. L'une d'elles, cheveux de jais flottant au vent, fascine Chu qui la contemple longuement. Un miracle s'accomplit alors: le tableau s'anime et notre voyageur y pénètre. Son aventure durera plusieurs années, vivant des moments d'intense bonheur avec sa dulcinée, séductrice aussi belle que sensuelle, à laquelle il est impossible de résister. Toutefois l'intervention aussi brutale qu’inopinée de guerriers en armure dorée vient mettre fin au rêve. Chu se retrouve dans le présent aux pieds de son compagnon devant la fresque. Mais, au sein de celle-ci, un petit détail avait changé: sa bien-aimée arborait un magnifique chignon, symbole des femmes mariées...

Au travers de cette histoire fantasmagorique d'un amour impossible aux croisées de deux cultures, Preljocaj a sans doute moins cherché à nous faire vivre un rêve merveilleux qu'à nous rapprocher des réalités virtuelles (ou multimedia subversifs), apanage de la jeunesse d'aujourd'hui, lesquelles permettent à des certains d'entre nous, grâce à une technologie informatique, de vivre une expérience d'immersion dans un monde numériquement créé, univers qui peut être imaginaire, symbolique ou simuler certains aspects du monde réel*, par exemple avec le jeu Pokemon Go. « J’aimerais explorer dans ce spectacle les relations mystérieuses existantes entre la représentation et le réel, nous dit le chorégraphe ». Ce à quoi il est parfaitement parvenu.

Créée le 20 septembre dernier à Aix-en-Provence, La Fresque, sur le plan chorégraphique, est une œuvre particulièrement bien construite, la gestuelle, d’une grande fluidité, mettant en valeur la pureté et la quasi immatérialité des jeunes filles, alors qu'à contrario, celle élaborée pour les hommes, qu’il s’agisse des voyageurs, du moine ou des guerriers, a préservé leur vigueur, leur tempérament rude et viril, voire leur brutalité. Et ce, d’autant que la chorégraphie est truffée de sauts et de figures d’une difficulté comme Preljocaj seul ose en proposer, ce qui n'empêche pas ses danseurs de l'interpréter avec brio et d'une façon magistrale.

C’est peut-être la scénographie aux tons pastel de Constance Guisset nimbée des lumières d’Eric Soyer qui s’avère l’élément le plus intéressant dans cette œuvre d’un grand dépouillement, celle-ci étant axée, on s’en sera douté, sur l’importance de la chevelure de l’élue, clé de ce conte. On la retrouve à tous les niveaux, sous forme de volutes, de lianes, de tresses et de chimères dans la vidéo « flottante » et éthérée auréolant le spectacle, mais aussi dans les mouvements incisifs, saccadés et répétitifs des cinq jeunes filles du tableau, sous les accents orientalisants de la musique électronique de Nicolas Godin.

Paradoxalement, lors de la représentation qu'il m'a été donné de voir, cette œuvre, d’une grande portée symbolique, resta un peu linéaire et manqua un tantinet de lyrisme et d’émotion, sans que l’on puisse en déterminer précisément la raison. Etait-ce dû aux difficultés dont la chorégraphie est truffée, était-ce dû la partition électronique pas toujours en adéquation avec la danse ou aux problèmes techniques inhérents à chaque représentation, je ne saurais le dire. Toujours est-il qu’il lui manquait encore ce petit rien qui aurait pu la rendre absolument parfaite.

J.M. Gourreau

La Fresque / Angelin Preljocaj, Opéra Royal, Château de Versailles, du 29 novembre au 4 décembre 2016.

 

* P. Fuchs, extrait du Traité de la réalité virtuelle, Presse des Mines éd., 2000.