Ballet du capitole de Toulouse / Dans les pas de Noureev / Opéra de Massy / Décembre 2013

Ballet du capitole de Toulouse / Dans les pas de Noureev / Des étoiles de talent

                       Don Quichotte                                                       Le Lac des cygnes                                                         La Bayadère

Photos David Herrero

Ballet du Capitole de Toulouse :



Des étoiles de talent

 

Hormis l'Opéra Garnier, rares sont les théâtres de la région parisienne qui programment de la danse classique. Et pourtant, il y aurait réellement  un  public pour cet art, comme vient à nouveau de le démontrer Jack-Henri Soumère, directeur de l'Opéra de Massy, seul théâtre avec celui de Saint-Quentin en Yvelines à en proposer régulièrement à son public, qui plus est à des prix très abordables. A chaque fois, la salle est comble et il refuse du monde... Il est vrai que les compagnies ou les chorégraphes qu'il accueille ont tous une réputation qui n'est plus à faire et, pour cette période de Noël, il a fait le choix judicieux d'inviter le Ballet du Capitole de Toulouse, une des rares compagnies françaises à entretenir encore une troupe de danse classique.

Le programme concocté par Kader Belarbi, ex-danseur Etoile à l'Opéra de Paris et nommé depuis août dernier aux rênes de cette compagnie, était des plus subtils, deux fragments de grands ballets du répertoire encadrés par quelques pas de deux brillants, permettant ainsi à un public pas toujours rompu à l'art de Terpsichore, de se faire une bonne idée de ses multiples facettes. Et, pour les rendre cohérentes, il n'a fait appel qu'à un seul chorégraphe, et pas n'importe lequel : Rudolf Noureev. C'est sans doute dans le ballet d'ouverture, l'acte III de La Bayadère dans la chorégraphie de Marius Petipa mais arrangée par Noureev, que le corps de ballet du Capitole s'est senti le moins à l'aise : si la technique des interprètes s'avérait des plus honorables, ceux-ci ne sont pas pour autant parvenus à la dépasser pour exprimer leurs sentiments, d'où une œuvre un peu froide, sans enthousiasme ni même âme. Mais la compagnie s'est rattrapée dans la dernière pièce du programme, la seconde scène du 3ème acte de Don Quichotte. Une pièce d'anthologie éclatante, dansée avec de beaucoup brio par une troupe au mieux de sa forme, notamment par les deux solistes, Julie Charlet et Takafumi Watanabe, deux des danseurs étoile de la compagnie. Si Julie Charlet dans le rôle de Kitri se fit remarquer par ses fouettés impeccables, Takafumi Watanabe quant à lui se révéla un  Basilio léger, aérien et d'une noblesse à couper le souffle. Ses tours en l'air et son manège de grands jetés forcèrent entre autres l'admiration. Ce même couple de danseurs se retrouva dans le pas de trois du 3ème acte du Lac des cygnes, Julie Charlet interprétant le rôle d'Odile et Takafumi Watanabe celui de Von Rothbart. Si Julie manqua peut-être un peu d'assurance et de fermeté dans son interprétation, Takafumi se montra parfait dans son rôle, un personnage noble, inflexible, volontaire, sûr de lui et, qui plus est, d'une grande aisance dans ses variations et ses double tours en l'air. Sans doute le meilleur interprète masculin de la compagnie. Remarquables également Maria Gutierrez et Davit Galstyan dans la scène d'amour du premier acte de Roméo et Juliette, la première incarnant une Juliette pleine de fraîcheur, de tendresse et de retenue mais laissant aussi éclater sa joie, le second irradiant de jeunesse et de spontanéité. Un pur moment de bonheur !

J.M. Gourreau

Dans les pas de Noureev (extraits de La Bayadère, La Belle au bois dormant, Le Lac des cygnes, Roméo et Juliette, Don Quichotte) / Rudolf Noureev, Ballet du Capitole de Toulouse, Opéra de Massy, 14 et 15 décembre 2013.