CCN - Ballet de Lorraine / Forsythe - Marin / CND Pantin / Avril 2012

CCN - Ballet de Lorraine / Forsythe - Marin / CND Pantin





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                 The vertiginous thrill of exactitude Ph. L. Philippe

Steptext Ph. L. Philippe                                                                                                                                 The vile parody of adress Ph. L. Philippe  


CCN – Ballet de Lorraine :

 

Une compagnie parfaitement rôdée au classicisme

 

 

Les œuvres de Forsythe sont réputées pour être d’une difficulté et d’une précision telles que seuls des danseurs de très haut niveau sont capables de les interpréter sans trahir le chorégraphe. Lors de leur spectacle au Centre national de la danse de Pantin, les solistes du Ballet de Lorraine ont apporté la preuve qu’ils en font partie. Au programme en effet, trois œuvres parmi les plus prégnantes de Forsythe, et le célèbre duo d’Eden de Maguy Marin. Une ineffable vision de l’amour au travers d’un duo d’une beauté à vous couper le souffle. Un élan passionnel tellement touchant que le spectateur se sent à tout moment contraint de retenir sa respiration, de peur de  troubler les danseurs. Une fusion d’une telle force qu’on l’aurait crue indissociable. Des mouvements d’un tel naturel que l’on aurait pu imaginer qu’il ne s’agit pas d’un spectacle mais de la réalité. Fascinant.

D’une tout autre veine, mais non moins envoûtantes, les trois pièces de Forsythe dont The vile parody of adress, en ouverture du programme. Une œuvre un peu austère sur la fugue N° 22 de Bach qui révèle la prodigieuse musicalité du chorégraphe, la richesse de son vocabulaire et son art de la géométrie. Les trois interprètes, Florence Viennot, Bulat Akhmejanov et Justin Cumine s’y révèlent d’une précision remarquable. Steptext en revanche est une pièce virtuose exigeant une très grande rapidité d’exécution de la part des danseurs, trois hommes et une femme, leur permettant de présenter toutes leurs qualités, tant techniques qu’artistiques. Surprenante par les cassures de musique et de lumière qui la suspendent, l’œuvre joue également sur les apparitions et disparitions des personnages, lesquels rivalisent de souplesse, de maestria et de dextérité. The vertiginous thrill of exactitude, sur le final de la neuvième symphonie de Schubert, est une œuvre fétiche de Forsythe : composée en 1996, elle s’avère d’une difficulté terrifiante, nécessitant une parfaite maîtrise de la technique classique ; or les cinq interprètes de la première représentation, Jennifer Blasek, Agnès Boulanger, Sakiko Oishi, Justin Cumine et Dmitri Domojirov en ont apporté la preuve éclatante. Les figures et enchaînements chorégraphiques qui le composent évoquent la célèbre Symphonie in C de Balanchine avec ses nombreuses pirouettes, ses déhanchements, sa combinaison de mouvements, mais Forsythe y apporte aussi sa gestuelle dans l’urgence, ses désarticulations à l’extrême, sa virtuosité et sa très grande rigueur. Une œuvre qui ne peut qu’enthousiasmer son public.

J.M. Gourreau

 

Duo d’Eden / Maguy Marin, The Vile parody of adress, Steptext et The vertiginous thrill of exactitude / William Forsythe, CCN – Ballet de Lorraine, Centre national de la danse, Pantin, du 11 au 14 avril 2012.