Daniel Linehan / Zombie Aporia /

Daniel Linehan / Zombie Aporia / Rythme, quand tu nous tiens...

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                                                                             Ph. J.L. Tanghe

Daniel Linehan :

 

Rythme, quand tu nous tiens…

 

 

Point n’est besoin de se prendre la tête à deux mains pour saisir la pensée du chorégraphe. Ce patchwork mi chorégraphique mi gymnique est en effet uniquement bâti sur le rythme et la musique des mots, fort heureusement assez variés… L’œuvre met en scène trois acteurs-danseurs qui vont jouer sur des onomatopées et des mots dont le rythme et la consonance impriment à leur corps un enchaînement de mouvements géométriques aussi étranges qu’inattendus, formant une suite de huit courtes séquences souvent assemblées de façon contradictoire, peut-être pour dérouter le public. Dommage que les textes qui les accompagnent soient déclamés dans la langue de Shakespeare, tout le monde n’étant pas rompu à l’usage de cet idiome. A la décharge de Daniel Linehan cependant, bien qu’aujourd’hui installé chez nos voisins belges, celui-ci est né outre Atlantique…

Cela dit, le public va pouvoir assister à la création de « monstres performatifs » entrant  en collision de façon tout à fait aléatoire et inattendue, qu’il s’agisse de formes, de gestes, de mots, de rythmes… qui confèrent à l’œuvre un petit côté surréaliste mais en aucun cas désordonné. Cet assemblage de courtes séquences aussi inventives que diversifiées et judicieusement juxtaposées, permet de tenir en haleine le spectateur durant toute la représentation, même si chacune de ces saynètes, prise isolément, n’a rien de vraiment révolutionnaire. On se laisse aller sans réfléchir à les goûter ou les contempler et, lorsque survient celle qui clôt la soirée, on se dit que, finalement, on a passé une bonne soirée !

J.M. Gourreau

 

Zombie Aporia / Daniel Linehan, Théâtre de la Bastille, Novembre 2011.