Frédérique Unger & Jérôme Ferron / Les Noces / Micadanses / Février 2014

Frédérique Unger & Jérôme Ferron / Les Noces / Le bonheur d'aimer

UngerUngerUnger

Photos J.M. Gourreau

Frédérike Unger & Jérôme Ferron :

Le bonheur d'aimer

 

Ils sont toujours aussi jeunes, toujours aussi pétillants, toujours aussi pleins de vie. Cette fois, Cupidon leur a décoché sa flèche : ils ne célèbrent pas encore leurs noces mais, à la vitesse où tout cela se déroule, ça ne devrait pas tarder ! C'est en effet le désir ou, plutôt, la naissance et les prémices de l'amour que Frédérique Unger et Jérôme Ferron évoquent dans leur dernière création. Avec leur simplicité et leur légèreté habituelles.

Le rideau se lève sur cinq chaises vides disposées en rang d'oignon, dossier face au public. Quatre personnages en tenue plutôt chic entrent, un par un en silence, et s'asseyent, le dos tourné vers les spectateurs. Quelques secondes passent. Celle qui se faisait attendre arrive d'un pas alerte, alors que les premières mesures de la partition des Noces de Stravinsky se font entendre. A peine s'est-elle elle aussi assise que tous se lèvent, subitement, comme un seul homme, emportant leur siège avec eux jusqu'au au fond de la scène : ils s'y rasseyent, cette fois face au public. The show must go on ! L'un d'eux se risque alors sur la piste et s'élance, très vite imité par un autre. Ils s'épient, se toisent, s'évaluent tout en tentant de se mettre en valeur, de façon presque maniérée. Les filles minaudent : leur danse est souple, ample, moelleuse, un peu provocante, pleine d'emphase, en parfait accord avec la proposition musicale. Progressivement, quelques danseurs se rapprochent. Des couples se forment, s'écartent puis se rejoignent à nouveau: leurs gestes se répondent et se complètent avec une grande délicatesse et une véritable harmonie. Les corps se frôlent, se lâchent de plus en plus. Un impérieux besoin de danser s'empare peu à peu de tout ce petit monde. La défiance tombe, laissant place au naturel, à l'exubérance. Les corps à corps sont de plus en plus instinctifs, de plus en plus serrés, de plus en plus passionnés. Une complicité pleine d'innocence s'établit.

Petit à petit, un des couples se détache. Sa danse serpentesque, fascine, hypnotise. Les corps s'enlacent comme des lianes. Le jeu devient amour. Un amour sensuel d'autant plus profond que l'étreinte se resserre à chaque geste davantage. Les regards, les caresses laissent exhaler, outre un parfum d'innocence, la fraîcheur de la jeunesse et sa ferveur. Tous, spectateurs comme danseurs, retiennent leur respiration... Un pur moment de bonheur !

J.M. Gourreau

Les Noces / Frédérique Unger & Jérôme Ferron, Micadanses, Paris, du 13 au 15 février 2014.