Gyohei Zaitsu / Je ne suis pas zen / Espace Bertin Poirée / Juin 2014

Gyohei Zaitsu / Je ne suis pas zen / La force de la musique

Zaitsu G.

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Photos J.M. Gourreau

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Gyohei  Zaitsu :

La force de la musique

 

A l’instar de nombre de chorégraphes et de danseurs de butô, il est étonnant d’apprendre que Gyohei Zaitsu n’a généralement quasiment aucune idée de ce qu’il va danser au moment où il entre en scène. Sa prestation, presque toujours totalement improvisée, dépend en effet de son environnement et du lieu de la représentation bien sûr mais aussi et surtout de l’état d’esprit dans lequel il se trouve, de ses préoccupations du moment et des spectateurs présents devant lui. Les titres qu’il choisit pour le programme ne sont donc pas nécessairement en rapport avec sa danse ! Tout cela pour dire que, pour lui, tout est danse et que la danse est partout ! Ses pièces ne sont jamais reproductibles ni reproduites à l’identique, même dans une série de représentations. Et, à chaque nouveau spectacle, le public assistera à un événement unique qu’il pourra lui aussi interpréter de plusieurs façons selon son état d’esprit du moment.

Je ne suis pas zen est à nouveau un solo évoquant la violence à travers le monde qui débute de façon sombre, comme si un cataclysme s’était produit et dont les effets venaient de retomber sur les frêles épaules du danseur, prostré tremblant, pitoyable. Sa douleur, immense, fait peine à voir. Ses mains recroquevillées sur son ventre tremblent tout en tenant une fleur blanche, symbole peut-être de la paix. Son visage est en partie caché par un masque dérisoire de chirurgie comme s’il cherchait à se protéger des gaz, des germes mortels ou des radiations ayant envahi l’atmosphère environnante. Peu à peu cependant, le calme et, avec lui, la paix et la sérénité reviennent, en même temps que la joie de vivre et la liberté.

Très souvent, Gyohei s’accompagne de musiciens en live pour accompagner sa danse. Pour Je ne suis pas zen, la musique, qu’il n’avait d’ailleurs pas choisie lui-même, était une musique enregistrée, composée de morceaux très disparates, parmi lesquels un assez long fragment des Préludes de Liszt. Il est assez rare que Gyohei s’accompagne de musique classique, tout particulièrement d’une musique aussi poignante. Or, sa danse acquit sur cette partition une force et une profondeur incommensurables, à tel point que l’on regrettât qu’il n’eut pas bâti toute sa pièce dessus. Nul doute  que cette œuvre, si elle avait été accompagnée entièrement sur ces Préludes fût devenue un chef d’œuvre !

J.M. Gourreau

Je ne suis pas zen / Gyohei Zaitsu, Espace Bertin Poirée, du 11 au 13 juin, dans le cadre du Butô Festival 2014.